Pourtant, au-delà du grand déséquilibre dans la répartition des richesses entre blancs et "non-blancs" (95% des "riches" sont de race blanche), j'ai été choqué par un autre scandale, la quasi-absence de métis et de noirs dans les médias brésiliens. Ainsi, après un zapping attentif sur les différentes chaînes nationales (Globo, RedeTV, Band, Record...), je n'ai pas encore eu le bonheur de tomber sur une personne de couleur présentant le journal télévisé ou une quelconque émission de plateau. Gros consommateur de SportTV (Globo) et d'ESPN Brasil (ESPN), je suis consterné de ne voir que de beaux mâles bien blancs (paulistas ou gauchos de préférence) présentant les nombreuses émissions de plateaux où l'on passe en revue les derniers résultats du "Brasileiro" national. A croire que les noirs ne sont bons qu'à jouer, pas à commenter...
Certes, me direz-vous, en France, on ne peut pas dire qu'à de très rares exceptions près (Harry Roselmack, Audrey Pulvar, Rachid Arabh, David Astorga) nous soyons très ouverts à la diversité sur le média TV, mais 1.il me semble que le mouvement est initié et va tendre à se développer 2.nous ne comptons pas dans notre population plus de 50% de gens de couleur !
Dans le même triste élan, la publicité a une fâcheuse tendance à fortement sous-représenter la diversité dans ses créations (film TV, visuels presse -cf exemple ici tiré des hebdos nationaux de la semaine dernière). Certes, je veux bien comprendre qu'au vu de la très inégale répartition des richesses, la "cible" blanche soit plus "bankable", mais une publicité qui se voudrait moderne devrait plutôt essayer d'anticiper l'évolution du corpus social, et ne pas s'arrêter à une représentation caricaturale de la société brésilienne, 100% blanche, ou presque.
N'étant pas carioca depuis assez longtemps, et n'ayant pas encore eu l'occasion de débattre de cette injustice avec des brésiliens natifs, je m'en arrêterai aux faits, sans chercher trop à interpréter. Je ne peux en revanche que souhaiter que le contenu et la publicité au sein des médias brésiliens fassent mieux étalage de la richesse ethnique de sa population et ainsi aident à lutter contre les préjugés et la fracture raciale qui finalement existe au Brésil aussi, comme dans tant d'autres pays.