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04 décembre 2011

La mort de Socrates, génie du football

Cette journée du 4 décembre 2011 promettait d'être magnifique sur le plan du football do Brasil : c'est jour de décision, on saura en effet ce soir qui, des Corinthians de São Paulo (qui jouent un clasico brûlant contre leurs ennemis jurés de Palmeiras) ou du Vasco da Gama (qui affronte mon Flamengo au stade d'Engenhão qui promet de bouillir comme aux plus belles heures du Maracanã), sera le nouveau champion du Brasileirão 2011, succédant ainsi au Fluminense FC, sacré l'année dernière après 25 ans de disette.

Mais une triste nouvelle vient jeter une ombre sur la fête, en l'occurence l'annonce de la disparition à 57 petites années de Socrates, le doutor (il était également diplômé de médecine), l'un des plus beaux joueurs que le Brésil ait vu naître, le capitaine de la plus brillante équipe de football ayant jamais existé (la Seleção des années 1982-86, qui n'a malheureusement jamais été sacrée championne du monde), la plus grande idole de l'histoire des Corinthians (pour lesquels il a joué de 1978 à 1984), un des ces joueurs d'une classe et d'une élégance rare, à l'instar de son coéquipier de sélection Zico, qui vous donne envie d'aimer jusqu'à l'excès le football.

Socrates, la classe faite footballeur

Socrates nous a donc quitté à l'aube de ce grand dimanche de football. Il ne verra donc pas le sacre probable (et souhaité) de son club de coeur, qui en empochant son 5ème titre national, lui rendrait ainsi le plus beau des hommages.

01 août 2011

Coupe du Monde 2014 : ça sent le pâté...

A un peu plus de 1000 jours du début de la XXème Coupe du Monde de Football de l'Histoire, qui aura lieu dans le pays 5 fois champion du monde de ce noble (?) sport, en l'occurence le Brésil, le tableau que l'on peut dresser des préparatifs de celle-ci est des plus sombres...

En voici la preuve en 4 points :

# Les stades sont à des années-lumière d'être prêts à accueillir la compétition :  sur les 12 arènes qui doivent accueillir la Coupe en 2014, seuls trois d'entre elles respectent le calendrier initial des travaux qui leur avait été imparti. Plusieurs ont vu leurs travaux être repoussés (ou même interrompus, dans le cas du stade de Porto Alegre) pour des recours en justice liés à d'appel d'offres pas toujours transparents, et trois d'entre eux (les stades de Natal, de Curitiba et de São Paulo) en sont encore seulement au stade de projet, ou quasi, près de quatre ans (!) après la décision de la FIFA d'attribuer la Coupe du Monde au Brésil. La situation à São Paulo est la plus ubuesque, où, après de nombreuses tergiversations et interventions politiques (dont celle, décisive, de l'ex-président -et corintiano- Lula), il a décidé de ne pas réformer le pourtant très beau stade du Morumbi, pour environ 200 millions de reais, mais de construire ex-nihilo une nouvelle arène dans le quartier paumé d'Itaquera, qui deviendra le stade résident des Corinthians, le tout pour la modique somme de...1 milliard de reais (financé à 80% par des fonds publics, cela va sans dire) !

Les stades et les villes en 2014 (cliquer pour agrandir)

# Les infrastructures de transports sont encore très sous-dimensionnées : si l'état d'avancement des stades inquiète jusqu'au plus ardent des supporters de la Seleção, que dire des transports, et en particulier des aéroports, qui, dans 8 villes d'accueil sur 12, fonctionnent déjà bien au-delà de leur capacité théorique -il en résulte de nombreux retards, en particulier aux aéroports -saturés- de Guarulhos (São Paulo) et Galeão (Rio de Janeiro). Les travaux d'extension prennent un temps fou, à telle enseigne que la présidente Dilma elle-même a convoqué voici un mois une réunion interministérielle spécialement dédiée au sujet, où il a été décidé de privatiser la gestion des trois plus importants aéroports du pays (les deux premiers cités, et celui de Brasilia), dans l'espoir d'agréger de nouvelles ressources et d'accélérer le processus de réformes. Une autre crainte (plus que fondée dans le cas de la ville de Rio) est l'insuffisance des transports urbains dans de nombreuses villes, et quasiment rien n'a été entrepris pour l'instant pour améliorer la situation. Les supporters en 2014 devront sans aucun doute s'armer de la plus grande des patiences...

Files d'attente a l'aéroport de Guarulhos (SP) : vous avez dit bazar ? ;)

# La CBF et son président Ricardo Teixeira sont très contestés : la CBF, c'est la Confédération Brésilienne de Football, l'équivalent de la FFF. Ricardo Teixeira, c'est son tout-puissant et polémique président, et ce depuis...1989, sans discontinuer ! Cette hégémonie à la tête du sport national lui a permis de se construire un réseau politico-économique de premier ordre, lui donnant un statut de quasi intouchable dans le pays, et ce malgré les innombrables malversations dont il aurait été l'auteur tout au long de son règne à la tête de la CBF. Chose hallucinante, il est même parvenu à faire du Comité Local d'Organisation de la Coupe du Monde (le COL) une société dont il est le seul actionnaire physique, et pourrait ainsi en pratique empocher personnellement l'intégralité des bénéfices que générera le COL ! Face à de telles pratiques, les amateurs de football (et les autres) se révoltent enfin : un Front National des Supporters s'est constitué, et mène actuellement une campagne intense (plus de 300.000 tweets en une semaine du hashtag #ForaRicardoTeixeira sur Twitter, par exemple) pour discréditer Teixeira, et demander aux députés d'ouvrir une enquête sur les pratiques de la CBF. Je doute que cela soit suffisant pour débouler celui qui vient, dans une subtile pirouette, de traiter les médias anglais de "corrompus" (en référence à l'attribution polémique de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, où les anglais ont pourtant été superbement floués par la FIFA -dont Teixeira est un éminent représentant), malgré les nombreuses inimitiés qu'il s'est créées (au hasard au Brésil Pelé, Romario, Ronaldo...). Quoi qu'il en soit, ambiance très pesante...

Teixeira en dictateur jouant avec les bénéfices du COL...

# La Seleção est aux abonnés absents : peut-être finalement la pire des nouvelles pour les 190 millions de torcedores (supporters) brésiliens, l'équipe nationale vit l'une des pires phases de son histoire : après l'ère Dunga qui s'est soldée par un retentissant échec au Mondial 2010 (et une élimination en 1/4 de finales par les Pays-Bas), l'espoir était revenu avec la nomination d'un entraîneur porté vers l'offensive (Mano Menezes) et l'éclosion de jeunes pépites telles Neymar ou Ganso. Mais la Copa America 2011, qui vient de s'achever sur la piteuse élimination du Brésil, de nouveau en 1/4 de finales face au modeste Paraguay, a douché les espoirs des plus fervents supporters : absence de fonds de jeu, niveau technique indigne de la Seleção, prétendus leaders -Julio Cesar, Lucio, Elano...- en méforme, choix tactiques contestés, le tableau est très sombre pour le Pentacampeão, tellement sombre que l'immense majorité des brésiliens, récemment interrogés par le newsmagazine Veja, parient sur un autre vainqueur que le pays-hôte en 2014 (à 83% !). Comment dans ces conditions laver l'affront subi en 1950, lorsqu'en plein Maracanã, le petit Uruguay battit à la surprise générale le Brésil en finale de la première Coupe du Monde jouée sur la terre de Pelé ?

Neymar : c'est la coupe le problème ? 

Bien sûr, il reste encore trois ans pleins au Brésil pour faire de "leur" Coupe du Monde une gigantesque fête réussie, mais il ne va pas falloir trop lambiner en cours de route maintenant : le compte à rebours est lancé, et il ne faudrait pas que les mauvaise augures qui tournoient autour de l'embryon "Copa do Mundo 2014" accouchent d'un bébé en phase avec les prémonitions pessimistes de la grande majorité de la population : toujours selon Veja, la Coupe du Monde rime plus pour l'instant avec "corruption" et "mauvaise image" qu'avec "football champagne" !

27 avril 2011

Juninho de retour à Vasco de Gama !

Petit intermède footballistique dans ma séquence voyage évoquée hier, pour vous annoncer la signature du milieu de terrain Juninho Pernambucano, l'ex-idole lyonnaise aux 7 titres de champion (il aura fait du mal à mon coeur vert celui-là...), dans son club d'origine et de coeur, le Vasco de Gama de Rio de Janeiro ! J'avais déjà évoqué la possible venue de celui qui est surnommé le "Reizinho" (le petit roi) par les vascainos lors de contacts entre la direction du club et le joueur en novembre 2009 (voir la news sur feu Goooooooooooool !, ici même). Ca ne s'était pas fait à l'époque, Juninho ayant préféré palper du pétrodollar à Al-Gharrafa au Qatar plutôt que de revenir ramer dans une équipe alors en Série B du championnat brésilien. Il s'est donc décidé à boucler la boucle, en revenant jouer le Brasileirão de 2011, à 36 ans bien tassés (mais "pas en vacances, ni pour une action de marketing", promet-il), pour le club avec lequel il a remporté deux fois le championnat du Brésil (1997, 2000) et la Copa Libertadores (1998).

Juninho et le président de Vasco, Roberto Dinamite
Mine de rien, avec Juninho (qui, fait notable, touchera seulement le salaire minimum -565 R$...mais avec de fortes primes en cas de succès), Felipe, Eder Luis, Alecsandro, Diego Souza, Dédé, Fernando Prass...Vasco va présenter une équipe qui a de la gueule pour le championnat à venir...s'il garde tous ces joueurs bien entendu ! D'ici là, il y a surtout une petite finale de la Taça Rio à jouer ce dimanche contre mon Flamengo, sans l'idole juninhenne, et je compte bien sur Ronnie et compagnie pour démontrer à Juni et à sa troupe qui sont les patrons dans l'Etat de Rio ! :) Petit post à venir prochainement sur le sujet !

20 mars 2011

Quel est le pire job au monde ? Entraîneur de foot au Brésil !

Muricy Ramalho est tetracampeão du Brasileirão (quatre fois champion du Brésil, 3 fois avec São Paulo FC entre 2006 et 2008, une fois avec Fluminense, en 2010). A ce titre, Muricy Ramalho est considéré comme le meilleur entraîneur du pays : foin des Felipão en carton, des Renato Gaucho "sur-melonné" ou même des Mano Menezes, tout simplement surcoté, comme son avenir à la tête de la Seleção le montrera. Muricy Ramalho n'est cependant plus l'entraîneur des tricolores cariocas (une sombre histoire de rats dans le vestiaire, selon la version officielle...), et vient perpétrer l'incroyable -et triste- tradition du football brésilien de considérer l'entraîneur de foot au mieux comme un fusible, au pire comme une serpillière.

Muricy Ramalho content...c'était avant les rats...
J'ai fait mes comptes, et je me suis amusé à recenser le nombre d'entraîneurs ayant circulé rien qu'à Rio depuis ma propre arrivée dans la Cidade Maravilhosa, en février 2009.
En deux ans tout ronds, auront donc assumé les postes d'entraîneurs :
- A Flamengo (honneur au plus grand) : Cuca, Andrade (qui a mené l'équipe vers le titre de champion 2009), Rogerio Lourenço, Silas et l'actuel (un revenant, j'y reviendrai) Vanderlei Luxemburgo ;
- Au Fluminense : René Simões, Carlos Alberto Parreira, Renato Gaucho, Cuca, Muricy Ramalho et donc un futur-ex (?) nouveau, prochainement (Abel Braga tient la corde) ;
- A Botafogo : Ney Franco, Estevam Soares, Joel Santana (exploit, seulement 3 entraîneurs en deux ans pour le Fogão !) ;
- Au Vasco de Gama : Dorival Junior, Vagner Mancini, Gaucho, Celso Roth, PC Gusmão et Ricardo (oui l'ex du PSG, de Bordeaux et de Monaco !).
On arrive ainsi à la moyenne hallucinante de 5 entraîneurs "consommés" par club en deux petites années ! Alors que dans le lot nous trouvons les deux derniers champions nationaux (Flu en 2010, Fla en 2009), susceptibles donc de conserver leurs entraîneurs respectifs pour la qualité des résultats obtenus !

Au-delà du fait qu'il paraît évident qu'une telle perpétuelle lessive empêche de construire à long terme (allez, même à moyen terme...) et d'avoir un minimum de planejamento (terme difficilement traduisible, un mélange de "plan d'action", "vision long terme", "organisation", bref tout ce qui fait défaut au foot brésilien -et pas qu'au foot d'ailleurs ! ;), elle induit également un effet pervers, que j'appellerais le jeu des chaises musicales : en clair, les présidents (et leurs tout-puissants sponsors, très souvent impliqués dans les décisions opérationnelles et du terrain) disposent d'un "cheptel" d'entraîneurs (tous locaux, le président de foot au Brésil n'est pas très féru d'exotisme) dans lequel ils piochent avec frénésie dès que s'accumulent 2 ou 3 mauvais résultats. Il faut également avouer que le torcedor moyen n'est pas très patient, et n'hésite pas à déclarer son institution en danger et/ou en crise (dont il se dit propriétaire, encore un vice de la pseudo-démocratie qui régit les clubs de foot au Brésil, j'y reviendrai également...dans un prochain post) et à réclamer du jour au lendemain la tête de l'entraîneur, accablé de tous les maux, même si celui-ci a un récent passé de vencedor (vainqueur) avec la dite institution (c'est ce qui est d'ailleurs en train d'arriver au Papai Joel, de Botafogo, à qui je conseille de ne pas perdre le clasico de demain contre Vasco de Gama, sinon son titre actuel de champion carioca ne vaudra vraiment plus tripette...).

Joel Santana fait la moue...Il y a de quoi  !

Chemin faisant, il n'est pas rare de voir des entraîneurs licenciés de leur club...y revenir quelques années plus tard, pour y écrire une nouvelle tranche de foot, jurant de nouveau fidélité au maillot...avant de le désenfiler, de gré ou de force, quelques mois (ou quelques semaines !) plus tard. C'est le cas par exemple de Joel Santana, le saltimbanque des entraîneurs cariocas, qui a déjà entraîné le Botafogo FC à deux reprises (1997 et 2000), et qui a quand même réussi l'exploit de se caser au moins une fois chez chacun des grands clubs de Rio : Flamengo en 1996, 1998, 2005 et 2008 (à quatre reprises donc !), Vasco en 1986, 1992, 2000 et 2004 et Fluminense en 1995, 2003 et 2007. Il est fort le bougre, non ? 

Même topo pour notre Luxemburgo national, bon globe-trotter également, puisqu'il entraîne aujourd'hui Flamengo pour la troisième fois (1991, 1995 et 2011), après avoir écumé quasiment tous les grands clubs brésiliens (Palmeiras, Santos, Corinthians, Cruzeiro, Atletico-MG), sans oublier le grand Real Madrid, où il s'est vautré dans les grandes largeurs (à sa décharge, ce n'est pas le seul à se ramasser dans la maison merengue ;).

Luxa...Euh c'est par où la route de mon prochain club ? 
Après cela, comment voulez-vous construire une relation forte avec un club, avec vos supporters, qui soit un tant soit peu basée sur une forme de confiance mutuelle dans un contexte aussi mouvant et avec des présidents (et sponsors) si veuls, prompts à suivre le sens du vent et pour lesquels la solution de facilité est (et restera) le renvoi manu militari (avec possiblement force primes, c'est qu'en plus ça coûte de l'argent cette stratégie à la con !) de l'entraîneur, voué à être écartelé sur la place publico-médiatique ?!
Entraîneur de foot au Brésil : un métier bien pourri (encore plus qu'ailleurs) ! :) 

15 janvier 2011

Ronaldinho à Flamengo et inondations meurtières à Teresopolis : Rio, du paradis à l'enfer

L'actualité de la semaine qui s'achève a été littéralement happée par deux évènements aussi antinomiques que possible, à tel point que leur association au sein d'un même post peut paraître pour le moins incongrue :

- Le peuple rubro-negro (soit plus de 50% du peuple carioca lui-même, dois-je le rappeler aux nombreux détracteurs de mon Mengão qui n'ont pas manqué de s'exprimer à la suite de mon post sur le titre -légitime- de champion du Brésil obtenu par le rival Fluminense cette année) a fêté avec faste l'issue heureuse de la novela Ronaldinho ! Le Ballon d'Or 2005 a en effet signé pour 4 ans au Flamengo, jusqu'à la Coupe du Monde 2014 à laquelle il espère participer et qui se tiendra...au Brésil. La présentation du joueur ce jeudi a donné lieu à une incroyable liesse populaire au siège même du club hexacampeão, retransmise en direct par la télévision brésilienne : plus de 20.000 personnes sont venues acclamer leur nouveau Dieu du Stade, en espérant que celui-ci tire de nouveau leur Flamengo vers les sommets après une année 2010 d'une insigne tristesse. Les quelques images que je vous joins ici montre la folie qui s'est emparée du quartier de Gavea où s'est déroulée la présentation du "Gaucho" (Ronaldinho est originaire de Porto Alegre, la capitale du Rio Grande do Sul, à l'extrême sud du pays) devant la marée humaine en rouge et noir (et cette-fois ci Jeanne Mas n'y était pour rien ! :)

- Beaucoup plus tragique, les terribles inondations dans la région Serrana située au nord de l'état de Rio (et principalement les villes de Teresopolis, Petropolis, Nova Friburgo) causées par les pluies diluviennes de ce début de semaine, dont le bilan humain et matériel ne cesse de s'alourdir de jour en jour : on parle maintenant de plus de 550 morts et de près de 6.000 personnes sans-abris. Après les glissements de terrains du mois d'avril 2010 survenus à Rio même et ayant causé la mort de plus de 250 personnes, l'Etat fluminense se voit de nouveau châtié par les pluies, mais plus encore par son urbanisation anarchique (comme le relate cet article de Veja traduit par Courrier International) et l'incurie des services publics en matière de prévisions des dangers naturels. Les images, effrayantes, des eaux emportant tout sur leur passage n'ont cessé de faire le tour des journaux télévisés du Brésil et d'ailleurs -jusqu'à l'incroyable sauvetage de Dona Lais, que je vous pouvez découvrir ici. 
 

Pourquoi donc associer ces deux nouvelles, donc ? Parce que je crois que la conjonction de la mise en scène dans les médias de ces deux évènements a priori sans aucun rapport traduit tout le paradoxe du Brésil et de ses habitants : le pays sait se rassembler et communier comme aucun autre aussi bien pour célébrer les joies en apparence les plus futiles (en particulier autour de cet opium du peuple brésilien qu'est le football), mais aussi pour partager les plus grandes douleurs, et montrer des élans de solidarité et d'union que l'on ne rencontre que rarement (un exemple parmi tant d'autres : ma page Facebook a été inondée depuis deux jours de messages de soutien aux victimes des inondations, mais aussi d'initiatives diverses et variées pour collecter de l'argent ou des biens de première nécessité pour les sans-abris). Cette solidarité sans faille, dans le bonheur ou dans la douleur, me semble être une composante fondamentale de la mentalité brésilienne, qui contribue à rendre l'expérience de vie ici si particulière, voire magique.

Comment aider les victimes des intempéries de la région Serrana ? Toutes les informations ici (en portugais, vive Google Translate pour les non-lusophones!). 


06 décembre 2010

Fluminense, champion du Brasileirão : les raisons d'un succès

Le championnat national do Brasil vient de s'achever en apothéose pour le doyen des clubs de Rio : le Fluminense FC a en effet obtenu à l'arrachée (à l'issue d'une difficile victoire 1 à 0 contre le déjà relégué Guarani, but de l'ephémère rennais "O Sheik" Emerson) son deuxième titre de champion national, 26 ans (!) après l'unique taça remportée par les Washington et Assis (le frère de Ronaldinho). Le titre national reste donc la propriété de Rio (mon Flamengo ayant été sacré champion l'an dernier, un lointain souvenir désormais pour une équipe ayant flirté avec la rélégation toute l'année et qui termine 2010 à une triste 14ème place...), répétant la même histoire qu'en 1983-1984 (Fluminense succédant à Flamengo).  
Le Flu champion du Brésil, saison 2010
Le Cruzeiro de Belo Horizonte termine le championnat second, à deux points du Flu, en dépassant sur le fil les infortunés Corinthians (du sumotori Ronaldo), qui n'avait pourtant quasiment pas quitté l'une des deux premières places de la saison.

Même si mon coeur rubro-negro saigne de voir l'un des grands rivaux de Fla l'emporter cette année (encore que, c'est un moindre mal, ce n'est pas non plus Vasco l'honni qui est titré !), force est d'avouer que ce deuxième titre (que les torcedores du Flu voudraient transformer en troisième, incluant l'ancienne Taça de Prata obtenue en 1970...avant la création du Brasileirão) est finalement mérité, et ce malgré la rude concurrence orchestrée par les paulistas corintianos -qui disposaient d'après moi du meilleur effectif du pays, avec Elias (déjà recruté par l'Atlético de Madrid), Jucilei, Jorge Henrique, Bruno César, Dentinho ou Ronaldo donc. Mérité car le Flu n'a pas quitté non plus les deux premières places  depuis la 6ème journée du championnat, dans un véritable mano a mano avec les Corinthians, occupant tout de même 18 fois (sur 38) la tête du championnat.

Comment expliquer qu'un club moribond l'année dernière, n'ayant miraculeusement échappé à la degola (descente) qu'en toute fin de championnat, soit aujourd'hui sacré champion brésilien ? Le miracle tient en trois noms selon moi : Conca, Muricy Ramalho et Celso Barros.

# Dario Conca est tout simplement le meilleur joueur du Brasileirão depuis deux saisons maintenant. Tout à la fois meneur de jeu, buteur (9 buts cette saison) et passeur décisif (à 16 reprises !), il a réussi l'exploit de faire oublier aux tricolores qu'il était argentin (énorme rivalité entre les deux frères ennemis du continent !), à tel point qu'une campagne a été lancée pour qu'il soit naturalisé brésilien et puisse jouer avec la Seleção, lui qui à 27 ans n'a pas eu encore l'honneur de revêtir la tunique albiceleste de l'Argentine (Maradona puis Batista ont-ils du caca devant les yeux ??). Il a simplement été stratosphérique cette saison, en participant de surcroît à l'intégralité des 3.420 mn (38 journées fois 90 minutes) du championnat ! Il est en fin de contrat l'année prochaine, et s'il privilégie de continuer à jouer pour le Flu, il devrait faire l'objet d'un siège appuyé de la part des grands clubs européens durant l'intersaison (voire dès le mercato de janvier)...
Conca à cheval dans l'Engenhão hier soir ! 
# En remportant son 4ème titre en 5 ans (après le triplé obtenu avec le São Paulo FC de 2006 à 2008), Muricy Ramalho a confirmé son statut de meilleur entraîneur actuel du championnat brésilien. Arrivé en début de saison du côté de Laranjeiras (le quartier de Rio où siège le club tricolor), il a progressivement diffusé de la confiance et du talent dans l'équipe, et a planté une banderille quasi définitive à la fin juillet, en refusant de reprendre la Seleção abîmée par Dunga le bourrin, faisant alors d'une pierre deux coups : statut d'idole auprès de tout ce que la terre comporte de supporters de Flu (bon ils ne sont pas si nombreux non plus ;), et coup de Jarnac subtil  au principal rival, les Cortinthians de São Paulo...puisque l'heureux élu à la tête de l'équipe nationale fut finalement Mano Menezes...jusqu'alors entraîneur en chef de la plus populaire équipe paulista !

# Dernier "pilote "du succès du Flu (mais pas le moindre), Celso Barros est le président de la mutuelle de santé carioca Unimed, mais aussi (et surtout) le généreux sponsor de l'équipe tricolor depuis 1999 -année lamentable où Fluminense fut bien près de disparaître du paysage footeux brésilien, en descendant alors en 3ème division !  C'est que le Celso en question est un tricolor apaixonado et doente (soit un supporter dingue de son équipe), et qu'il n'a pas lésiné depuis 12 ans en matière d'investissement financier dans le club ! Et en particulier cette année, où il est le sponsor maillot principal, achète un paquet de panneaux autour des stades où joue le Flu, et plus fort encore, où il paie directement de la poche de son entreprise (!) quelques-uns des salaires les plus importants du club (ainsi ceux de Muricy l'entraîneur, du toujours blessé et ex-lyonnais Fred ou encore du luso-brésilien Deco, ex-grand joueur et actuel pas grand-chose, il faut bien le dire...). Cette Celso-dépendance a d'ailleurs quelque chose de vraiment malsain : le nouveau président du Fluminense, le jeune avocat Peter Siemsen, est un simple affidé à Barros, qui est le vrai dirigeant en coulisses du club...
Celso Barros et son petit Fred
Bravo donc au Fluminense pour ce titre (ça me pèse de le dire...). 2011 sera une autre année, la dernière de Ronaldo en tant que joueur  (il veut absolument gagner la Libertadores 2011 avec les Corinthians pour clôre sa glorieuse carrière), l'occasion aussi pour le Flu de laver un noir souvenir, la défaite en finale de cette même Libertadores en 2008, aux penalties, dans un Maracanã plein et desespéré. Mais 2011 sera aussi et surtout l'année de la rédemption pour mon Flamengo, de retour au sommet après une saison toute pourrie ! Vamos mengão !

10 juin 2010

Le Brésil et le football, par le sociologue Roberto DaMatta

A quelques encablures désormais du début de la 19ème Coupe du Monde de Football (dont j'espère qu'elle verra briller les 3 équipes qui me sont chères, soit la France, la Slovénie et...le Brésil), je voulais vous donner à lire la passionnante interview que l'anthropologue et sociologue brésilien Roberto DaMatta a accordé hier au journal Lance (l'équivalent de notre L'Equipe) et qui éclaire la relation intime que le Brésil et les brésiliens entretiennent avec le football. Parce que le football est une chose on ne peut plus sérieuse au Brésil, à telle enseigne que Roberto DaMatta a consacré pas moins de trois livres sur l'influence que le ballon rond exerce sur les fondamentaux de la société brésilienne...

En voici donc les meilleurs extraits:

Lance : "Quelle est l'importance du football pour le Brésil ?"
Roberto DaMatta : "Le football met en scène une triple 'dramatisation' de notre société, de trois de ses aspects les plus importants. Le premier est la 'dramatisation' de la victoire, dans une société où la majorité ne gagne rien et n'inspire aucun respect. Le second est l'expérience, unique dans la société brésilienne, du sentiment d'égalité : en s'associant à une équipe, le brésilien sort de la sphère du quartier, de la famille ou du travail et entre dans un monde qui associe égalité et modernité. Le football est moderne, il a des règles que tous sont obligés de suivre, riches et pauvres, blancs et noirs. Enfin, en soutenant une équipe, le supporter acquiert une identité spécifique, un lien fort avec quelque chose qui existait avant lui, qui existe avec lui (mais qui ne dépend pas de lui et lui impose une série d'obligations, comme porter le maillot de son équipe ou continuer à supporter celle-ci, qu'elle gagne ou qu'elle perde), et qui va continuer à exister même après que ce supporter décède."
L : "Quel est le rôle de la sélection nationale ?"
RDM : "La sélection nationale a eu un rôle fondamental dans le renforcement du sentiment national, qui est représenté par le drapeau ou les couleurs nationales, et a créé un véritable amour pour le Brésil. Dans les années 1920 à 1940, il y avait une mythification de l'étranger. Les brésiliens se sentaient inférieurs devant quelqu'un de plus grand et de plus blanc. Quand le Brésil a commencé à gagner, à partir de 1958, le sentiment de fierté d'être brésilien a changé du tout au tout !"
L : "Pourquoi durant la Coupe du Monde y a-t-il un tel sentiment de patriotisme ? Même les personnes qui n'aiment pas le football se prennent au jeu !"
RDM : "Cela arrive également dans d'autres pays où le football bénéficie d'une position hégémonique. Le football a cette capacité d''engagement'. Etant joué avec les pieds, il existe une forme d'imprécision qui n'existe pas dans les autres sports. De plus, c'est un sport universel : quelle que soit votre taille, vous pouvez y jouer et de surcroît, il est basé sur la continuité d'action et de jeu, et non la 'discontinuité', comme peut l'être le football américain."
L : "Vous avez écrit que le style du football brésilien qui est de dribbler plutôt que de chercher le duel est un réflexe culturel des brésiliens, qui est de contourner les problèmes et d'éviter les confrontations. La sélection de Dunga a un style opposé. Le peuple préfère t-il plutôt le style brésilien ou la victoire ?"
RDM : "La sélection de Dunga s'adapte à la modernité du football, qui est de gagner à tout prix. Le 'style' est autre chose, de plus génétique. Chaque entraîneur imprime sa personnalité à son équipe. Dunga était un joueur limité, mais guerrier, et il souhaite insuffler cet esprit guerrier à son équipe. Ceci étant, jouer en défense, préserver son but a beaucoup à voir avec l'amour du maillot, le sens du sacrifice. Et puis le sens de l'histoire est aussi d'offrir moins de spectacle, moins de 'show', car ceci pourrait s'associer presque à du cirque pour seulement gagner plus d'argent, ce qui est malheureusement arrivé pour l'équipe du Brésil en 2006."
L : "Qu'apporte au Brésil le fait d'avoir autant de joueurs évoluant à l'étranger ?"
RDM : "Ces joueurs sont des instruments absolument incontournables de diffusion des valeurs du Brésil dans le monde. Ces gars font plus pour le Brésil que tous les ministres du gouvernement réunis. Dans la diffusion de valeur comme l'éducation, la modération, la joie de vivre ou même dans leurs excès. Pelé a plus fait pour le Brésil que tous les ministres des affaires étrangères réunis. Et puis, ce qui est fantastique, c'est que la plupart d'entre eux, noirs et descendants d'esclaves, sont aujourd'hui les vrais représentants de la diversité du Brésil, avec un rôle à jouer plus important que les politiques. Ces jeunes sont le Brésil personnifié."

20 janvier 2010

Découvrez Goooooooooooool, le meilleur du foot brésilien !...



...Amis lecteurs, si vous aimez le Brésil, vous aimez forcément le futebol !

Je profite donc de mon dernier post (les recrutements des clubs brésiliens, très axés sur le vieux footeux sur le retour...) sur mon blog dernier-né, consacré à l'actu du sport-roi au Brésil, Goooooooooooool, pour faire un peu d'auto-promotion croisée !

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21 octobre 2009

Petkovic, le "Rambo" de Flamengo, meilleur joueur du championnat brésilien ?

Connaissez-vous Dejan Petkovic, joueur de football serbe de 37 ans bien tassés et encore en activité dans mon club de coeur, le Flamengo ? Non ? Eh bien sachez qu'il est une superstar et un craque (un "crack") incontesté dans le Brasileirão, le championnat national brésilien !

Son histoire est peu commune : jeune talent élevé au bon grain de l'Etoile Rouge de Belgrade au début des années 1990, il quitte tôt le championnat alors yougoslave pour rejoindre en 1994 le grand Real Madrid...probablement trop grand pour lui. Après deux autres expériences mitigées en Espagne, il découvre en 1997 le football brésilien à Salvador de Bahia, au sein de l'équipe de Vitoria. Mais c'est lors de son premier passage à Flamengo, de 1999 à 2001, qu'il acquiert un statut de joueur vedette du championnat brésilien, en marquant en particulier le seul but de la finale du championnat carioca 2000, assurant le titre à Flamengo. Il devient les années suivantes un vrai "brasil-trotter" en jouant pour pas moins de 5 clubs (Vasco, Fluminense, Goias, Santos et Atletico Mineiro) en 7 ans. Mais il conserve une aura intacte auprès des torcedores de Flamengo, qui le voient finalement revenir avec curiosité au milieu de l'année 2009, alors que le championnat actuel est déjà entamé, à la faveur d'un imbroglio financier (Flamengo devant quelques 18 millions de reals -!- au joueur, qui finalement rechausse les crampons afin d'apurer la dette que le club a contracté envers lui !), et sans l'accord de toutes les parties du club (l'ancien entraîneur Cuca étant totalement opposé au retour de celui qu'il considère comme un has been).

Après 15 matches joués au sein de Flamengo, force est de constater que Cuca (démis depuis de ses fonctions au profit de l'ancienne gloire du club Andrade) s'était bien trompé : Petkovic, affûté comme jamais, galvanisé par la torcida rubro-negra, redevient le dépositaire du jeu de Flamengo, la plaque tournante de l'équipe, le maître à jouer et buteur (il a déjà inscrit 6 nouveaux buts dans le championnat), et vient d'être élu 2 journées de suite meilleur joueur du championnat (le craque da rodada), avec en particulier une démonstration de talent et de savoir-faire technique lors de la magnifique victoire de Flamengo à Palmeiras, pourtant leader du championnat ! Je ne peux résister au plaisir de vous offrir de visualiser son doublé ci-dessous :

 

Bref, il est pour beaucoup (avec Adriano, l'Imperador, il faut l'avouer) dans la renaissance de Flamengo dans cette deuxième partie de championnat, le club restant sur 8 matches sans défaite et 6 victoires, et étant revenu à 6 points de Palmeiras. Du coup, les supporters et le club tout entier se met à rêver à un sixième titre national, qui le fuit depuis 17 ans ! Et la presse s'emballe tout autant, déclamant son admiration pour "Petkovic-Rambo" (surnom qui lui vient de ses années serbes pour son tempérament...bagarreur), "le meilleur" selon le quotidien sportif local, Lance ! (cf couverture ci-contre).

Rendez-vous donc d'ici au 6 décembre prochain pour savoir si Pet (son diminutif clamé dans le Maracana par 80.000 poumons !) conduira bien Flamengo au titre national, ou au moins à l'une des 4 premières places qualificatives pour la Copa Libertadores (la Ligue des Champions d'Amérique Latine) !

11 octobre 2009

Semaine carioca avec Farid et Stéphane !

La première semaine d'octobre a été quasi intégralement consacrée à la découverte des plaisirs cariocas pour mes amis Cdiscoutiens Farid et Stéphane. Du 1er au 9 octobre, je crois que nous avons partagé une semaine assez homérique, au cours de laquelle nous avons slalomé entre les (grosses) gouttes de pluie de printemps pour aproveitar un maximum de choses !

Au menu des réjouissances de la semaine :

- Dès vendredi 2 au midi (soit 6 heures après l'atterrissage des deux compères bordelais) : l'annonce en direct de l'attribution à Rio des Jeux Olympiques 2016, à laquelle nous avons assisté depuis le balcon du Copacabana Palace : plus d'infos ici !

- Le vendredi soir, sympathique petite picanha sur le churrasco des Dumas.

- Le samedi midi, découverte du Jardim Botanico de Rio, qui a fêté en 2008 ses deux siècles d'existence (fondé qu'il a été par le futur empereur Dom Pedro, fuyant la barbarie napoléonienne et une Europe dévastée pour venir profiter des délices de la capitale de sa colonie maior !).

- Le samedi soir, grand moment avec le concert du mythique (et un peu tapé aujourd'hui il faut l'avouer) Jorge Ben, auteur quand même des incontournables Fio Maravilha, Mas Que Nada, Taj Mahal ou Pais Tropical ! Même un peu entamé par le poids des ans, le Jorge sait aussi bien s'entourer pour donner un peu de piquant à  la fin de ses shows : durant le rappel, quelques jeunes cariocas pimpantes et dansantes sont venues égayer la scène avec brio et..chaleur. Pour vous, à découvrir ici :


- Le dimanche 4 octobre, très très grosse journée, puisqu'après un rapide intermède culturalo-historique du côté du Forte de Copacabana, et une après-midi passée à parier sur des canassons au Jockey-Club de Gavea, la soirée est consacrée au titanesque clasico entre Flamengo (Mengooooooooo !!) et Fluminense (beuhhhhhhh), dont je vous ai déjà parlé voici quelques semaines (si, si, ça se passe ici), dans le cadre du Brasileirão, le championnat national brésilien. Ambiance énorme, stade comble, victoire rubro-negra avec deux buts de l'idole flamenguista Adriano, le fameux Imperador, Farid et Stéphane scotchés devant l'énormité du truc...N'était ce la pluie qui va rendre crevard le Farid pendant 3 jours, la soirée aurait été grandiose (elle est simplement fantastique) !
En prime, ci-dessous l'incroyable explosion du stade sur le premier but de Flamengo.





Et puis le trio magique, au coeur du Maracana, aux couleurs flamenguistas !










Et une image aussi quand même des carnes du Jockey-Club :)








- Le lundi, avec l'angine monumentale du Faridou dûe à une exposition trop prolongée sous la pluie au Maracana, le programme se fait light : un maître-mot : la ré-cu-pé-ra-tion !

- Le mardi, retour du doux soleil carioca, journée idéale pour prendre notre courage à deux mains (surtout celui de Farid, encore bien faiblard), et grimper, via le petit train de Cosme Velho, sur le morro du Corcovado y admirer de (très) près le Cristo Redentor et la vue panoramique sur Rio, plus que jamais de là-haut Cidade Maravilhosa...
Une ou deux photos (voire trois) de ce site unique s'imposaient :




- Mercredi 7, journée pas inintéressante non plus, puisque nous voici partis pour le quartier de Lapa, pour y découvrir la Cathédrale Métropolitaine (d'un esthétisme 70's douteux, convenons-en), les arches du quartier du même nom (ancien aqueduc qui apportait l'eau depuis le morro jusqu'au centre-ville), et puis clou de la visite, la montée vers Santa Teresa, quartier hors du temps, paisible car en hauteur et à l'abri du tumulte du Centro voisin, l'un des très rares endroits où altitude ne rime pas avec misère (ne pas oublier la règle d'airain à Rio : "plus on est au Sud et proche de la mer, plus on est riches, plus on est au Nord et en haut des morros, plus on est dans la dèche"). Santa Teresa, donc, qui après quelques décennies de déshérence, revit depuis une vingtaine d'années avec une population de bobos cariocas et étrangers, professions libérales, architectes, artistes, qui viennent s'installer dans le "Montmartre de Rio", pour y rénover les anciennes demeures et donner un cachet tout en "alternatif" du quartier...
On y monte par le fameux Bondinho, vieux tramway aux rames défraîchies, donnant à l'ensemble un adorable cachet suranné. Ci-contre quelques photos !
Le midi, petite dédicace pour le restaurant japonais sis au 7ème étage du Botafogo Praia Shopping, avec vue imprenable sur le Pain de Sucre : de l'avis de Farid et Stéphane, parmi les tous meilleurs sushis qu'il leur ait été donné de déguster !

- Le jeudi, bon gros tempo de merda (pluie quasi sans discontinuer), donc rapide visite au centre-ville puis à la belle église de Nossa Senhora de Gloria (malheureusement fermée), pour un retour sans coup férir à la casa, rechargeage d'accus pour préparer une soirée de bon aloi du côté de Lapa, quartier nocturne par excellence, qui abrite la majorité des casas de musica ao vivo (musique "live") de la ville, dont l'excellent Carioca da Gema, au sein duquel nous passons en compagnie de Nathalie et François, amis cariocas, un super moment de détente et de musique (bossa nova puis roda de samba).
Une photo ci-contre pour immortaliser le moment !

- Vendredi, c'est jour de départ, encore une fois sous la pluie battante, comme ça pas de regrets de rentrer vers la France ! On aura ma foi passé une belle semaine, un seul petit regret (quand même), celui de n'avoir pu monter au Pain de Sucre, pour cause de météo capricieuse, mais aussi de ne pas avoir pu plus profiter de la plage (même cause...)...Ce sera pour la prochaine visite des deux lascars, qui reviennent quand ils veulent !!

11 septembre 2009

Zico de retour à Flamengo ?


Il a suffi que Zico, le "Pelé blanc", le meilleur joueur de l'histoire de Flamengo, soit "libéré" par son club le CSKA Moscou (après une défaite à Rostov et une médiocre 4ème place au championnat après 20 journées...) pour que toute la torcida rubro-negra (le peuple des supporters de Flamengo, les plus nombreux du Brésil, avec plus de 35 millions de fans disséminés dans tous le pays) s'enflamme à l'idée d'un retour du "Galinho" (le "petit coq") dans le club qui l'a révélé, et pour lequel il a joué 732 matches, marqué 509 buts et gagné les plus beaux trophées de l'histoire du club (3 championnats nationaux, 1 coupe Libertadores, 1 coupe Intercontinentale...).

Ce retour du fils prodigue, maintes fois évoqué, maintes fois reporté, est pourtant loin d'être acquis. Le contexte du club flamenguista ne s'y prête guère, avec l'élection du nouveau président du club en décembre prochain, et Zico ne semble pas prêt à servir de caution au président en place, Marcio Braga, candidat à sa réélection. De plus, Zico a déclaré qu'il souhaitait, à 56 ans, continuer à entraîner, mais le poste d'entraîneur (tecnico) de Flamengo n'est pas une sinécure, et représente le fusible parfait lorsque le club perd 3 matches de suite. Zico aurait beaucoup de réticences à accepter les risques inhérents à ce poste si exposé, et ne souhaiterait pas écorner son image et le prestige démesuré qui sont les siens auprès des torcedores de Flamengo...
A suivre donc !

01 juillet 2009

Clasico Fla-Flu !

Après mes 1h37 de sympathique running semi-marathonesque évoqué plus bas, la journée du dimanche 28 juin promettait d'être encore animée ! En effet, le stade Mario Filho, plus connu sous le mythique nom de Maracana, allait accueillir son plus fameux derby, en l'occurence le non-moins mythique Fla-Flu (je ne vois objectivement que les clasicos Boca-River et Real-Barça pour concurrencer celui-ci sur la planète foot).

Nous concernant, il s'agit de notre deuxième visite au Maracana, après la fin avril et le gros match (83000 personnes, stade comble, ambiance de feu, chaleur latino, victoire de nos couleurs flamenguistas !...) de la finale du championnat carioca ayant opposé Flamengo et Botafogo. Le souvenir de ce très gros match (consacrant donc le tri-campeonato carioca 2007-08-09 de Flamengo après un 2-2 et une séance de pénaltys ayant vu briller le jeune gardien Bruno) reste vivace dans nos mémoires et la compétition avec le match de ce soir sera rude pour le clasico !

Un mot sur la torcida de Flamengo (l'autoproclamée naçao rubro-negra) avant de vous parler du match : le maxi-kop de Flamengo a une énergie tout simplement hallucinante, portée par l'hégémonie du club dans le coeur des Cariocas (selon un récent sondage, 58% des habitants de Rio soutiennent Flamengo contre...17% pour son plus proche challenger, Vasco et seulement 13% pour Fluminense !), hégémonie que l'on retrouve dans les gradins du stade, celui-ci étant aux 3/4 rouge et noir les jours de clasicos :


Pour en revenir au choc du soir, première déception en arrivant au stade : celui-ci n'est pas, comme je l'avais imaginé, comble, mais quasiment à moitié-vide (43000 spectateurs, nous annoncera t-on finalement ?). Est-ce à dire que les 20 R$ à consacrer pour assister au match sont trop élevés pour les torcedors dont le salaire minimum dépasse à peine les 400 R$ par mois (150 petits €...) ? Ou ceux-ci sont-ils désabusés face à la perte du leadership du football carioca depuis maintenant une bonne quinzaine d'années, au profit de la voisine pauliste honnie (rappelons que le Sao-Paulo FC, équipe pourtant sans âme et sans vraie histoire, vient de remporter 3 fois consécutives le championnat national -le "Brasileiro", exploit qui n'avait jamais été accompli auparavant !) ? Ou encore marquent-ils leur désapprobation d'un soir face au médiocre début de championnat des deux rivaux (Flamengo 6ème, Fluminense 9ème) ? Vraisemblablement un peu de tout cela...mais venant après l'incroyable spectacle de la finale du championnat carioca (plus ancien que le Brasileiro, plus légitime, plus émotionnel ?), ce stade absolument magnifique mais aujourd'hui aux gradins clairsemés provoque un petit pincement au coeur...

1h45 plus tard (un peu plus long que mon semi-marathon, donc ! :), les 22 acteurs (selon la formule consacrée) n'auront pas fait grand-chose pour faire regretter leur absence aux éventuels torcedors tiraillés par l'envie de venir...Peu de spectacle, peu d'occasions de but, un match terne et fermé (genre PSG-OM des années 90...), ce fut (selon la formule consacrée -bis ;) une montagne qui accoucha d'une souris ! Un 0-0 sans saveur, seulement ponctué par quelques actions de classe de Fred (oui oui l'ex-lyonnais, qui est quand même pas mauvais, et qui ne devrait pas végéter longtemps à Fluminense), et par un incroyable raté d'Adriano (ou le même que celui de l'Inter !) dans les arrêts de jeu !

Quelques images du match ici néanmoins :



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