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26 novembre 2011

My Little Brasil, LE site d'information pour les futurs expatriés !

Je reçois régulièrement des messages de la part de compatriotes français (ou francophones) souhaitant changer d'air, et me posant des questions sur les démarches à entreprendre pour venir s'installer et vivre dans notre beau Brésil. J'essaie d'y répondre dans la mesure de mon temps disponible (qui fond ces dernières semaines comme une Picolé au soleil d'Ipanema), sans toutefois être bien convaincant et exhaustif, je le crains.

Et voilà que j'apprends le lancement d'un petit site (mais qui a vocation à devenir grand), conçu et piloté par Alexandrine Brami, la fondatrice du réseau Linkedin-ien France Brasil Alumni, qui regroupe les diplômés des universités et des grandes écoles françaises résidant au Brésil, qui répond au doux nom de My Little Brasil ! Et il faut bien avouer que le bébé est plutôt bien né, puisqu'il met à la disposition des nombreux internautes francophones qui recherche donc le grand frisson do Brasil une mine d'informations pratiques pour faire le grand saut vers São Paulo ou Rio de Janeiro (dans mon cas, le choix du second nommé sonne comme une évidence, je dis ça, je ne dis rien ;), ou toute autre métropole du Géant-Plus-Endormi-Du-Tout de l'Amérique Latine.


Bref, trève de logorrhée (vous aurez noté que je ne sais pas faire synthétique ;), un seul mot d'ordre : mettez donc My Little Brasil dans vos favoris si vous voulez vous expatrier au Brésil ! Longue vie à lui, et un grand parabens à sa fondatrice et à ses animateurs !

05 novembre 2011

Boycottons les Favela Tours !

Je ne crois pas vous avoir déjà dit toute l'aversion qui est la mienne lorsque je croise dans les rues de Copacabana (où le terrain n'est pas vraiment accidenté...) ces jeeps monstrueuses abritant une cargaison de blancs-bec en short de l'US Army, partant à l'assaut des morros de Rio à la "chasse" aux favelados comme ils iraient au safari dans le cratère du Ngorongoro
J'ai ainsi beaucoup aimé le dessin de Rash Brax que m'a envoyé récemment mon amie québécoise Anne-Marie (avec qui j'avais fait un tour dans la comunidade de Santa Marta, à Botafogo, en août 2010). 
A découvrir ci-dessous ! 

Cliquer pour afficher en + grand ! 

Ah oui autre chose avant de conclure : j'ai reçu plusieurs messages (à vrai dire pas désagréables, cela prouve que je suis un peu suivi ;) de lecteurs inquiets de mon silence de ces dernières semaines. Le fait est que j'ai commencé une nouvelle aventure professionnelle, passionnante et excitante, mais qui m'occupe ma foi un petit peu : je suis en charge du développement du portail de cinéma brésilien Adorocinema.com, qui a été racheté voici quelque temps par le grand frère français Allociné.com. Je promets néanmoins de continuer à vous faire partager mon quotidien carioca avec plus de régularité dans les prochains mois !

03 septembre 2011

Pollution, le drame carioca

Si Rio est une ville d'une beauté fascinante, et qu'elle ne vole en rien son appellation de Cidade Maravilhosa, elle est malheureusement -et très régulièrement- maltraitée par ses habitants, et ce depuis des décennies. La croissance effrénée de la ville dans la deuxième moitié du XXème siècle, ajoutée à l'incurie des pouvoirs publics incapables d'investir durablement dans l'assainissement des eaux usées et le traitement des déchets font qu'encore aujourd'hui moins de la moitié des domiciles de l'Etat de Rio disposent du tout à l'égout (selon une étude de l'IBGE -l'INSEE brésilien- parue en 2008). J'ai ainsi pu déjà partager avec vous ma consternation devant le cloaque immonde qu'est devenue la baie de Guanabara, dans laquelle se déverse quantités de rivières polluées, charriant avec elles, dans un rythme effréné et effrayant, plus de 20.000 litres de déchets...par seconde ! Et je vous ai également parlé du fait que la pollution va jusqu'à envahir le sable des plages : les déchets ménagers ne sont ici plus en cause, c'est plus nos "amis" les bêtes et leurs matières fécales qu'il faut incriminer, mais aussi le jeito (style) tout carioca de répandre allègrement ses détritus sur la plage, au mépris du respect de l'environnement et des ses congénères plaisanciers.

Et voilà que je découvre, consterné (de nouveau), dans le Globo du jour (celui d'hier, pour être tout à fait honnête), deux photos des nouveaux dommages que l'homme, dans sa folie coutumière, fait subir à l'environnement dans les très proches environs de la ville de Rio.


Il est commun de penser que le très coté Barra da Tijuca, le quartier des nouveaux riches cariocas, est protégé des dommages environnementaux, de part son relatif éloignement avec la baie de Guanabara, mère de toutes les pollutions (du moins l'imaginait-on). A la vue de la photo ci-dessus, les baigneurs, surfeurs et kiteurs de la plage de Pépé, ou de celle, voisine, de Joatinga, vont devoir ranger sungas (les maillots échancrés typiquement caricoas) et autres planches en tout genre : cette gigantesque tâche noire qui s'écoule depuis le canal de Joatinga est de l'égout, et rien d'autre. Elle est la triste résultante de l'extrême pollution qui règne dans les lacs de Tijuca, Jacarepagua et Marapendi, pourtant préservés d'une quelconque atteinte à leur propreté jusqu'au début des années 80. L'urbanisation à marche forcée, la cupidité des promoteurs locaux et l'aveuglement des pouvoirs publics (stimulé il est vrai par les multiples propinas -dessous de table- dont ils ont bénéficié) ont fait de ce coin de paradis une plage impropre à la baignade toute l'année durant.


De l'autre côté de la baie de Guanabara, c'est Niteroi, une ville moderne de quelques 500.000 âmes, moderne et sans cachet particulier, célèbre avant tout pour son Musée d'Art Contemporain, conçu par le toujours vert Oscar Niemeyer (qui va quand même sur ses 104 ans cette année !). Depuis le centre de Niteroi courent quelques cours d'eau, ou ce qu'il en reste, en direction des plages (dont quelques-unes superbes) du nord de la ville, ou vers la fameuse baie de Guanabara, au sud. La photo ci-dessus montre que l'eau de la rivière a bien du mal à se frayer un chemin, entre pneus usagés, sacs plastiques, canettes et autres parapluies (!). L'odeur fétide et la vision dantesque incommodent tout un quartier, sans que cela ne semble émouvoir plus que cela la préfecture de la ville -il faut dire bien peu aidée par les très mauvaises habitudes prises par les habitants de balancer à peu près tout à peu près n'importe où...

Les brésiliens, et les cariocas en particulier, ont hérité de Mère Nature d'un trésor prodigieux. Il serait bon, pour leur propre salut et celui de l'humanité tout entière ("Amazonie, poumon vert...") qu'ils songent à le préserver un peu (voire beaucoup) mieux.

25 mars 2011

Rio, Ville Merveilleuse...et hors de prix !

"Aquele abraço", superbe hymne de Gilberto Gil sur notre Cidade Maravilhosa, débute ainsi : "O Rio de Janeiro continua liiiiindo"...La chanson date déjà de 1969. S'il l'avait écrite en 2011, nul doute que le grand Gilberto aurait pu ajouté un couplet "O Rio de Janeiro virou caaaaro" ("Rio de Janeiro est devenue chère") ! Chère en l'occurence est un euphémisme, on pourrait presque affirmer que Rio est devenue, en quelques années seulement, une ville inabordable, tant pour ses habitants qui cherchent à se loger ou y travailler, comme pour les touristes !

Trois exemples parmi tant d'autres :
- Le marché immobilier d'habitation carioca a simplement explosé : les prix se sont enflammés, pour quasiment doubler en seulement deux ans ! En 2010, la hausse moyenne est estimée à plus de 40%, et certains quartiers (en particulier Barra da Tijuca, le Miami moderne mais moche) auraient même vu leurs prix croître de plus de 60% ! J'ai jeté un oeil ce matin dans les pages "Imoveis" du Globo, et je suis tombé à la renverse :  un deux-pièces sur Ipanema est annoncé à 1.030.000 R$ (440.000 €), un autre à Leblon est affiché à 1.380.000 R$ (590.000 €) ! Ne parlons pas des appartements plus luxueux : un 350 m² à Leblon de nouveau est à 8 millions de R$, soit 3,5 millions d'€ ! 10.000 € le mètre carré ! Certes, nous sommes dans les quartiers les plus chics de la ville, mais même si l'on s'en éloigne un peu, les prix restent tout de même très élevés, comme ce 4 pièces à Botafogo de 160 m² affiché à 2 millions de R$ (900.000 €).

Leblon, c'est bonbon pour se loger...

- Si se loger à Rio est devenu incroyablement onéreux, que dire de l'immobilier d'entreprise ? Selon l'étude annuelle du cabinet Cushman & Wakefield, le coût d'occupation moyen de bureaux en 2010 s'est accru de...47% dans la capitale fluminense, faisant désormais de Rio de Janeiro la 4ème ville la plus chère au monde (elle était 13ème en 2009) en la matière. Rio devant New York ou Paris, et ville la plus onéreuse du continent américain, qui l'eût dit il y a seulement 3 ans ?  

- L'hôtellerie n'est évidemment pas en reste, puisqu'un très récent "ranking" établi par le site Hotels.com montre que le prix moyen de la nuitée à Rio a augmenté de 30% en 2010, soit la plus forte hausse mondiale après Macao (je ne sais pas ce qu'il s'est passé dans la cité qui sent le sang écarlate, qui a crû de son côté de 40% !), et s'établit désormais à 314 R$ (133 €), soit le tarif le plus élevé de tout le Brésil. Plus fort encore, Rio est aujourd'hui la deuxième destination la plus chère au monde dans la catégorie "hôtels 5 étoiles" : il vous faudra débourser en moyenne 1.146 R$ (485 €), et seul Big Apple vous coûtera plus cher (532 € par nuit) !

Le Fasano, 1.800 R$ la nuit en moyenne...

Et là j'ai envie de dire : mais comment en est-on arrivés là ?! Selon moi, les raisons d'un tel boom (d'une telle bulle, ça y est j'ai lâché le mot !) sont principalement de trois ordres :

1. Une situation économique favorable : 7% de croissance l'année dernière, une monnaie forte, une inflation à peu près maîtrisée (5,5% en 2010), des investisseurs étrangers qui arrivent en masse, un accès au crédit quasi généralisé (une grande première dans un pays qui reste profondément marqué par les années d'hyper-inflation d'avant le "plan Real" -1993), l'incroyable manne du pétrole sous-marin aux larges des côtes de l'Etat fluminense, tout est dit, n'en jetez plus ! Le Brésil, et Rio encore plus, ont la cote, et forcément, cela impacte notablement la cherté de notre Ville Merveilleuse.

2. Une baisse incontestable de la violence et de l'insécurité : Rio, qui reste dans l'imaginaire des gens associée à favela, trafics, kidnappings, assaltos (les agressions en pleine rue) s'est considérablement améliorée en matière de lutte contre l'insécurité. Il faut mettre cela au crédit du gouverneur de l'Etat de Rio, Sergio Cabral (et sa superstar, le secrétaire à la Sécurité, José Maria Beltrame, élu pas plus tard qu'hier "personnalité de l'année" par le quotidien O Globo), qui a innové en la matière en mettant en place le fameux programme des UPP (Unités de Police Pacificatrices, postées durablement dans les favelas de la ville).  J'aurai l'occasion très prochainement de revenir sur Rio et la violence, mais tous les cariocas vous le diront : la ville est beaucoup plus sûre aujourd'hui qu'il y a quelques années (sans parler des années noires, entre 1985 et 1995), et cela contribue évidemment à doper la cote d'amour de la ville, en particulier des étrangers qui sont de plus en plus nombreux à y acquérir des biens immobiliers.

José Maria et ses copains de la Police...

3. L'imminence d'évènements sportifs de répercussion mondiale : je veux bien entendu parler de la Coupe du Monde de Foot de 2014 et des Jeux Olympiques d'été de 2016. Les bénéfices que Rio va en tirer, en matière de transports urbains, d'infrastructures hôtelières, de constructions immobilières, sans compter l'incroyable couverture médiatique et les moyens financiers alloués par les organisations (FIFA, CIO...), sont une source certes conjoncturelle, mais indéniable, de croissance des prix de la métropole dans tous les domaines déjà évoqués.

Le logo des JO 2016 : bof...

Dans ce contexte, et au vu de l'emballement général, la question qui vient évidemment à l'esprit est la pérennité de ces hausses : s'agit-il d'un "rattrapage" finalement logique si l'on considère l'incroyable cadre de vie général de Rio (soleil, mer, plage, montagnes...), où n'est-on pas plutôt déjà au-delà du raisonnable, dans un Etat (celui de Rio) où le salaire moyen culmine à 1.300 R$ (550 €) par mois, cet au-delà du raisonnable étant alimenté par un sur-optimisme ambiant des investisseurs de tous ordres, porté en particulier par les évènements sportifs évoqués ci-dessus ? Vous l'aurez compris, bien que j'adore mon Rio, j'ai bien peur que l'on soit en train de connaître une période (trop) dorée, et que l'atterrissage post-2016 soit des plus douloureux...Puisse le futur (pour une fois ;) me donner tort !

21 mars 2011

Les marques préférées des cariocas : miam !

Amis lecteurs, vous n'êtes point sans le savoir si vous me suivez régulièrement : je suis vraiment apaixonado (passionné) par Rio, cette Ville Merveilleuse entre toutes, et plus encore par ses habitants, les cariocas, certainement les êtres les plus accueillants, ouverts, chaleureux et démonstratifs que l'on puisse trouver sur la planète entière ! Mais s'il est un domaine, au moins un, où je sens une (relative) saudade de ma terre natale, c'est bien celui de la gastronomie, ou plus exactement (gastronomie est un gros mot et ne veut dans le fond rien dire) l'art de mélanger les bons ingrédients entre eux, et de les accompagner avec les bonnes boissons. Dans ce domaine, je ne crains pas d'affirmer que notre vieille Europe, si percluse de rhumatisme soit-elle, et plus encore, notre bonne vieille France (parce que je n'oublie qu'en Europe coexistent quelques nations -par ailleurs respectables- où la cuisine est une insulte au bon savoir-manger -au hasard, Angleterre ou Pays-Bas...:), disposent d'une confortable avance sur nos amis du Nouveau Monde !

Pourquoi cette longue introduction me direz-vous, qui ne semble guère avoir de rapport avec le titre du post du jour ? Eh bien, il se trouve que le Carioca, s'il n'a pas le palais d'une extrême finesse (c'est un euphémisme), attache une importance capitale à ce qu'il mange et/ou boit (le plus souvent n'importe quand, mais pas n'importe quoi), et que l'on retrouve cette préoccupation toute primaire jusque dans les études que le service marketing de O Globo (le premier journal de la ville et du pays) se fait un plaisir de produire, pour le plus grand plaisir de ses annonceurs !

Si même le Christ s'y met...
C'est ainsi : dans le top 10 des marques préférées des cariocas, révélées par le quotidien en décembre dernier, tous secteurs confondus, on trouve pas moins de...8 marques ou produits ayant un lien étroit avec l'estomac !

Jugez-en plutôt par vous même :
1- Kibon : LA marque de glace à emporter de Rio, omniprésente sur la plage, souvent à demi-fondue avant même d'être ouverte ;
2- Havaianas : LA référence mondiale de la tong : 21 enseignes à Rio, 116 magasins au Brésil, 60 pays déjà conquis et plus de 3,5 milliards (!!) de paires déjà vendues dans le monde ! Incontournable, indispensable, irremplaçable ! Certes, les Havaianas ne sont pas encore comestibles, mais voyez plutôt la suite !
3- Coca-Cola : Rien à ajouter. La seule marque non "locale" du top 10. Le refrigerante made in Atlanta est un élément de base de la table carioca, quel que soit son accompagnement (viande, poissons, salades...), quel que soit le lieu de consommation (depuis le restau select jusqu'au lanchonete du coin). C'est effrayant ? C'est effrayant.
4- Porcão : Prétendument la meilleure churrascaria (restau de viandes) de Rio. Il n'en est rien ! Enterrée par le Carretão !
5- Matte Leão : Une sorte de thé frais, l'Ice Tea local. Les cariocas en boivent des hectolitres sur la plage !
6- Biscoito Globo : Rien à voir avec le journal, on parle là d'une autre institution de la vie balnéaire de Rio. Le Biscoito Globo est un biscuit soufflé au taux de graisse insultant, salé ou sucré, qui inonde la orla chaque fin de semaine. Vous ne connaissez rien à Rio tant que vous n'y avez pas goûté !

Globo et Matte Leão : les deux font la paire ! 
7- Skol : Complément absolument indispensable du Biscoito Globo évoqué ci-dessus (qui étoufferait jusqu'au plus impie des chrétiens), la Skol est une bière blonde et légère, servie évidemment gelada (glacée), et dont les canettes jonchent le sable d'Ipanema, en fin de journée, un dimanche d'été et de plein soleil.
8- Antartica : Concurrence la Skol pour faire enfler les barrigas (ventres) des cariocas, et accessoirement pour souiller les plages...Ma préférée !
9- Osklen : L'intrus de ce top 10. Une marque de fringues très select (au moins pour ce qui concerne ses prix,  ne comptez pas trouver un t-shirt à moins de 150 R$ !), aux nombreuses lojas (boutiques) dans la Zona Sul. Je soupçonne le journal d'avoir trafiqué le classement pour faire plaisir à l'un de ses grands annonceurs sur Rio ! ;)
10- Brahma : Encore une...marque de bière ! Si avec ça la soif du carioca n'est pas étanchée...Dispose du camarote (la loge) le plus hype du Carnaval. De la starlette au kilo ! Voyez par vous-mêmes ici !

Révélateur, non ? :)

18 mars 2011

"A frenchman in Rio" a sa page Fan sur Facebook !

Enfin ! Vous l'attendiez tous ! Je viens d'ouvrir la page Fan du "frenchman" sur Facebook, et amis lecteurs, vous pouvez (devez !) la "liker" plus que de raison ! Ca se passe ici, derrière ce lien
En plus des actualités bloguesques (nouveaux posts et autres réjouissances), vous y trouverez mes humeurs du jour, mes coups de gueules, et de nombreuses autres informations sur Rio, le Brésil et le monde, vu par des yeux souvent partiaux mais toujours passionnés !
Merci à vous tous qui me lisez et me suivez ! N'hésitez pas non plus à faire partager la naissance de ma page Fan !

Devenez fan ! 

15 janvier 2011

Ronaldinho à Flamengo et inondations meurtières à Teresopolis : Rio, du paradis à l'enfer

L'actualité de la semaine qui s'achève a été littéralement happée par deux évènements aussi antinomiques que possible, à tel point que leur association au sein d'un même post peut paraître pour le moins incongrue :

- Le peuple rubro-negro (soit plus de 50% du peuple carioca lui-même, dois-je le rappeler aux nombreux détracteurs de mon Mengão qui n'ont pas manqué de s'exprimer à la suite de mon post sur le titre -légitime- de champion du Brésil obtenu par le rival Fluminense cette année) a fêté avec faste l'issue heureuse de la novela Ronaldinho ! Le Ballon d'Or 2005 a en effet signé pour 4 ans au Flamengo, jusqu'à la Coupe du Monde 2014 à laquelle il espère participer et qui se tiendra...au Brésil. La présentation du joueur ce jeudi a donné lieu à une incroyable liesse populaire au siège même du club hexacampeão, retransmise en direct par la télévision brésilienne : plus de 20.000 personnes sont venues acclamer leur nouveau Dieu du Stade, en espérant que celui-ci tire de nouveau leur Flamengo vers les sommets après une année 2010 d'une insigne tristesse. Les quelques images que je vous joins ici montre la folie qui s'est emparée du quartier de Gavea où s'est déroulée la présentation du "Gaucho" (Ronaldinho est originaire de Porto Alegre, la capitale du Rio Grande do Sul, à l'extrême sud du pays) devant la marée humaine en rouge et noir (et cette-fois ci Jeanne Mas n'y était pour rien ! :)

- Beaucoup plus tragique, les terribles inondations dans la région Serrana située au nord de l'état de Rio (et principalement les villes de Teresopolis, Petropolis, Nova Friburgo) causées par les pluies diluviennes de ce début de semaine, dont le bilan humain et matériel ne cesse de s'alourdir de jour en jour : on parle maintenant de plus de 550 morts et de près de 6.000 personnes sans-abris. Après les glissements de terrains du mois d'avril 2010 survenus à Rio même et ayant causé la mort de plus de 250 personnes, l'Etat fluminense se voit de nouveau châtié par les pluies, mais plus encore par son urbanisation anarchique (comme le relate cet article de Veja traduit par Courrier International) et l'incurie des services publics en matière de prévisions des dangers naturels. Les images, effrayantes, des eaux emportant tout sur leur passage n'ont cessé de faire le tour des journaux télévisés du Brésil et d'ailleurs -jusqu'à l'incroyable sauvetage de Dona Lais, que je vous pouvez découvrir ici. 
 

Pourquoi donc associer ces deux nouvelles, donc ? Parce que je crois que la conjonction de la mise en scène dans les médias de ces deux évènements a priori sans aucun rapport traduit tout le paradoxe du Brésil et de ses habitants : le pays sait se rassembler et communier comme aucun autre aussi bien pour célébrer les joies en apparence les plus futiles (en particulier autour de cet opium du peuple brésilien qu'est le football), mais aussi pour partager les plus grandes douleurs, et montrer des élans de solidarité et d'union que l'on ne rencontre que rarement (un exemple parmi tant d'autres : ma page Facebook a été inondée depuis deux jours de messages de soutien aux victimes des inondations, mais aussi d'initiatives diverses et variées pour collecter de l'argent ou des biens de première nécessité pour les sans-abris). Cette solidarité sans faille, dans le bonheur ou dans la douleur, me semble être une composante fondamentale de la mentalité brésilienne, qui contribue à rendre l'expérience de vie ici si particulière, voire magique.

Comment aider les victimes des intempéries de la région Serrana ? Toutes les informations ici (en portugais, vive Google Translate pour les non-lusophones!). 


25 novembre 2010

"Guerre" à Rio : l'orage avant l'accalmie (définitive) ?

Plus de 50 véhicules incendiées en pleines rues, près de 20.000 policiers militaires et civils réquisitionnés pour sillonner les morros de la ville et "chasser du bandido" à coup d'HK G3, de multiples attaques à main armée sur les postes des forces de police, des "car-jackings" comme s'il en pleuvait, des alertes à la bombe dans tous les quartiers (et jusque dans les plus chics shopping centers de la ville), la Marine Fédérale appelée en renfort pour fournir des véhicules blindés, 27 personnes tuées, c'est le triste comptage en forme de bilan (provisoire) de la flambée de violence qui agite Rio de Janeiro depuis 5 jours, dont les faits ont déjà été relatés par la presse internationale, comme ici sur le site du Monde.
Un bus incendié près de la Linha Vermelha
Ces scènes de guerrilla urbaine, que Rio n'avait plus connues, en tout cas à cette échelle, depuis plus de 5 ans, sont peut-être le chant du cygne des principales factions criminelles de la ville, qui gèrent depuis une vingtaine d'années le trafic de drogues et d'armements au sein de la Cidade (presque) Maravilhosa ; c'est en tout cas le crédo du gouverneur de l'Etat de Rio, Sergio Cabral (brillamment réélu voici quelques semaines à son poste en grande partie grâce au succès de sa politique de sécurité, via l'installation des fameuses UPPs dans les morros de la ville, dont je vous ai déjà parlé ici), et de son Secrétaire d'Etat à la Sécurité Publique, le vigoureux José Mariano Beltrame : d'après eux, les deux principales organisations criminelles de la ville, l'ADA (les Amigos dos Amigos -sic- qui "dirigent" l'une des dernières favelas de la riche Zona Sul non encore "sécurisée", mais pas la moindre, la gigantesque Rocinha et ses quelques 200.000 habitants) et le Comando Vermelho, fortement présent dans les comunidades de la Zona Norte de la ville), en guerre ouverte depuis 15 ans, se seraient unies afin de mettre à mal la stratégie de pacification menée par l'Etat de Rio, qui nuit forcément aux intérêts de leurs "businesses" illégaux respectifs. Le gouverneur promet de ne pas flancher face au chantage présumé, qui consisterait à stopper la création des UPPs (et en particulier celle qui doit prochainement tenter de prendre possession de...Rocinha, au grand dam du Comando Vermelho) en échange du calme -relatif- que la ville retrouverait, alors que des échéances majeures l'attendent -évidemment la Coupe du Monde de Football de 2014 et les Jeux Olympiques de 2016. S'il s'avère que la recrudescence actuelle des violences est bien le fait d'une réaction du "CV" et de l'"ADA" face à l'action pacificatrice de Cabral et Cie, ce dernier a évidemment raison de ne pas céder et de poursuivre la reconquête de quartiers déshérités et trop longtemps délaissés par la force publique. Il me semble que l'installation -déjà annoncée- de l'UPP à Rocinha (qui va réclamer quasiment près de...2.000 policiers postés en permanence au sein de la favela la plus peuplée d'Amérique Latine) va être LE moment décisif : si l'Etat parvient à reprendre durablement le contrôle de la principale plaque tournante du trafic à Rio, de surcroît située près des lieux de consommation (la Zona Sul et ses riches "yuppies"), il aura marqué des points décisifs dans cette guerre sans nom qui se déroule depuis plus de trente ans et qui pourrit la vie de ses habitants, en particulier des plus pauvres.
José Mariano Beltrame, le Secrétaire
 à la Sécurité Publique de l'Etat de Rio 

Cependant, face à cette version officielle qui reproduit le modèle basique d'opposition entre les "preux chevaliers" de l'ordre public (l'Etat, la Police Militaire, le BOPE...) et les terribles trafiquants avides de pouvoir et d'argent (le CV, l'ADA, mais aussi plus largement -et plus insidieusement- une large partie des habitants des favelas, à qui les habitants de l'asfalto -par opposition à la terre battue qui couvre les principales artères des morros cariocas...- en voudraient presque d'avoir pour certains d'entre eux retrouvé la paix via les UPPs...), des voix dissonantes s'élèvent, mettant en cause la stratégie globale de sécurité de l'Etat de Rio, comme la dramatisation excessive des évènements de ces derniers jours -sans parler des exécutions sommaires survenues dans les favelas, et ce terrible bilan de 27 tués, à date. 
La sociologue Julita Lembruger
Dans un entretien réalisé hier pour la Folha de São Paulo, la sociologue Julita Lembruger, spécialiste du système pénitentiaire brésilien, dresse un sévère constat sur la politique de sécurité menée par l'Etat de Rio : "Il y a un manque flagrant de continuité dans la politique de sécurité publique à Rio. Au contraire de São Paulo, qui a beaucoup investi, en particulier en technologie. A São Paulo, 60% des homicides sont résolus. A Rio, seuls 8% d'entre eux le sont. A São Paulo, il existe depuis longtemps une division dédiée aux homicides (600 hommes). A Rio, elle vient d'être créée, et ne compte que 250 hommes, alors que l'Etat de Rio enregistre 30% d'homicides en plus que celui de São Paulo...A Rio, il y a une politique de développement des UPPs, mais il n'y a pas de politique de sécurité. A aucun moment on n'a une idée de ce qu'est la politique de sécurité publique de l'Etat là où il n'y a pas d'UPP. Ils (l'Etat) ont réussi à très bien articuler la stratégie autour des UPPs. Mais après ? Il y a seulement 13 communautés dotées d'une UPP (sur plus d'un millier de favelas recensées à Rio...). Quelle est la politique pour le reste de l'Etat ? Il ne suffit pas de mettre des policiers dans les rues, il faut planifier et monitorer les actions de sécurité, mais pour cela il faut connaître parfaitement la réalité du terrain...Le risque majeur que je vois (dans la répression actuelle) est de tomber dans une spirale de la violence qui deviendrait impossible à résoudre."   

De son côté, le sociologue carioca Ignacio Cano déplore dans un entretien fait à la BBC Brasil l'exagération, aussi bien médiatique que gouvernementale, dans les discours des uns et des autres, et rappelle qu'il n'y a par exemple aucun comptage officiel du nombre de "car-jackings" (arrastões en portugais) qui se produisent à Rio, que la caisse de résonance liée au fait que certains d'entre eux se soient produits dans la riche Zona Sul a joué à plein, qu'il existe une tendance forte, qui survient de manière "cyclique", à la dramatisation des évènements du type de ces derniers jours, ou qu'encore il n'est pas formellement possible de lier la vague actuelle de violences au développement des UPPs, et qu'enfin il convient de regarder les chiffres officiels de la criminalité pour constater que la situation est structurellement en train de s'améliorer (baisse des vols et des homicides à Rio). 
Enfin, il est à noter que le propre Commandant Général de la Police Militaire de Rio, le colonel Mario Sergio Duarte, a rappelé sur son compte Twitter hier que les évènements de ces derniers jours étaient "le résultat d'années de mauvaise distribution des richesses, d'inégalité sociale, d'acceptation de la 'favelisation' et de combat social inefficace".

Quoiqu'il en soit, il me semble que les responsables politiques de l'Etat devraient absolument lutter contre le discours ambiant, qu'ils contribuent à entretenir aujourd'hui, faisant passer la majorité des habitants des favelas comme des criminels a priori (en envoyant par exemple aujourd'hui même des véhicules blindés et le BOPE -les forces spéciales de la police carioca- "nettoyer" le quartier de Vila Cruzeiro, le tout relayé par un discours exagérément guerrier), insister vraiment dans les paroles sur le distinguo traficant / habitant de la favela et dans la mesure du possible préserver la vie de tous -la présomption d'innocence est inscrite dans le droit brésilien, et la peine de mort abolie...en théorie. 

16 septembre 2010

Le morro da Conceição, le Rio originel...

Les journées qui débutent bien sont-elles également vouées à bien se terminer ? Ce mercredi, la règle semble avoir été respectée à la lettre : après une laborieuse (au sens premier du terme) matinée achevée par la signature d'une jolie mission, je me mets en tête de fêter cette modeste victoire en partant découvrir l'un des quartiers les plus méconnus de la ville, absent des guides touristiques, et où pourtant bat l'âme quadricentenaire de la "Ville Merveilleuse" : le morro da Conceição.
Pour ce faire, direction le métro de Cantagalo, à 400 mètres de chez moi. Lecture du Lance ! du jour, bien entendu, et descente à la station Uruguaiana, dans l'agitation frénétique du quartier du Saara, où les harangues des commerçants rivalisent de barulho avec les porte-voix des candidats aux postes de députés d'Etat lors des prochaines élections.

Je poursuis dans la rue Uruguaiana jusqu'à traverser l'immense avenue Presidente-Vargas, la plus grande artère de la ville et son chapelet ininterrompu d'autobus, de taxi, de voitures particulières ou de camelots. Au loin, c'est l'imposante façade de la plus grande église de Rio, Nossa Senhora da Candelaria, que l'on aperçoit.
NS da Candelaria, depuis la Presidente-Vargas

Au bout d'Uruguaiana, je prends à gauche l'avenue Marechal-Floriano, avant de déboucher dans la Rua da Conceição. Déjà, l'ambiance change, les trépidations du Centro suractif commencent à s'atténuer, et je découvre les premiers sobrados, les petits immeubles coloniaux sur 2 étages très typiques de l'architecture lusitanienne du XVIIème et XVIIIème siècles. On s'y affaire d'ailleurs, la peinture y est fraîche et les couleurs éclatantes.
Rua da Conceição
Peinture en rappel : tudo bem ! 
Au bout de la Rua da Conceição, c'est le début de la petite ascension sur le morro, par la Ladeira Pedro Antonio.

Le morro da Conceição, c'est la genèse de Rio, le premier quartier véritablement habité par les conquistadores portugais, à partir de la fin du XVIème siècle. Le miracle, c'est que celui-ci ait résisté aux fureurs urbanistiques des XIXème et XXème siècle, qui ont emporté dans les limbes une grande partie du Centre Historique (ainsi les quartiers du Castelo et de Santo Antonio, construits sur de petits monts, également, et rasés sans rémission pour y consacrer le règne des marchands et des entrepreneurs). Conceição, de son côté, conserva ses sèches (mais courtes) montées et fut toujours un refuge exclusivement résidentiel. Il est ainsi l'un des rares morros de la ville qui n'ait jamais hébergé de favelas, même si, et jusqu'à un passé récent, la plupart des maisons étaient très dégradées. Voici une dizaine d'années, le quartier entama néanmoins sa mue, par un long et encore inachevé processus de restauration des centaines de sobrados qui rendent si singulière la visite de Conceição.

Les maisons rénovées sont maintenant plus nombreuses que celles délabrées, surtout dans les deux artères principales du morro, la rue Jogo da Bola et la rue Eduardo Jansen. Le plus saisissant, c'est le calme serein des lieux, le bruit des rires des enfants au sein de l'école du quartier, le chant joyeux des oiseaux ou les aboiements rauques d'un chien chafouin, tous ces sons qui n'ont pas droit de cité quelques dizaines de mètres plus en contrebas, quand on est plongés dans la fureur des avenues Rio Branco ou Presidente-Vargas.

Au sommet du morro, sur la place Major Valô trône la Forteresse de Conceição, édifiée au début du XVIIIème siècle et qui abrite encore aujourd'hui des militaires somme toute plutôt sympas, à qui je fais um abraço, s'ils me lisent et s'ils se voient (comme je leur ai promis !).
Fortaleza da Conceição
Abraços, campeões !
La vue sur le quartier de Saude et plus loin, le pont de Niteroi vaut la petite suée de la montée de la ladeira ! Plus en contrebas, c'est la charmante église São Francisco da Prainha que je découvre, près de la place du même nom, sur laquelle ont régulièrement lieu des rodas de samba interprétées par des artistes "locaux". Il me faudra absolument venir, un prochain vendredi, pour profiter des ambiances nocturnes de Conceição (Jim et Anne-Marie, mes amis de Montréal et cariocas de coeur, m'en ont suffisamment parlé et m'en voudraient que je ne me décide pas !)...

Il me faut maintenant entamer la descente vers Rio-la-moderne : j'emprunte la ladeira do João Homem, peut-être finalement la plus jolie rue du morro, au sein de laquelle s'enchaînent et s'emboîtent de superbes sobrados multicolores. Les couleurs auriverde d'un Brésil uni vers un hypothétique hexa (en 2014 ?) y sont dignement représentées.

La visite s'achève par la rue Sacadura Cabral, la principale artère de Saude, et je tombe sur le fameux Kalesa Lounge, qui ne paie pas de mine mais offre paraît-il parmi les meilleurs nuits de Rio pour les amateurs de musique électronique...

Je sors de cette visite hors du temps avec un vrai sentiment de plénitude et de sérénité, me disant que oui vraiment, Rio est la ville de tous les contrastes, et que oui, définitivement, j'ai passé en ce mercredi doucement ensoleillé une journée de rêve...

06 avril 2010

Pluies torrentielles à Rio, tout le monde à la maison !

Initialement, ce mardi 6 avril promettait d'être un jour de semaine comme les autres : les enfants au lycée Molière, Nathalie tranquille au bureau à Botafogo, Antony peinard devant son ordi en train de bloguer ou faire semblant de bosser, un éventuel petit tout au marché de la praça Osorio pour y acheter forces mangas, alfaces, mamões et autres peixes, le petit volley -programmé à 19h30 au posto 9 d'Ipanema- en point de mire pour se dégourdir les gambettes, bref, rien que du beau et du bien carioca...Et là, scénario de mauvais film catastrophe de Série B (genre "Alerte sous les Tropiques" ou "20000 lieues sous les mers fluminenses"), des pluies diluviennes s'abattent sur la bonne ville de Rio sans discontinuer depuis le début de la nuit dernière, et laissent déjà apparaître des scènes de désolation et d'inondation dans toute la ville : les rues charrient des tonnes d'eaux, la Lagoa déverse ses eaux dans les rues déjà inondées, le tunnel de Rebouças est fermé, le canal Visconde de Alburquerque de Leblon  déborde et les arbres le bordant s'écroulent, le pont Rio-Niteroi est fermé à la circulation, les bus s'essaient à faire du surf sur les avenues inondées de São Cristovão ou du Maracanã, les lignes de train et de métro sont à l'arrêt, les services publics et les écoles ont les portes fermées, les risques de glissements de terrain sur les morros de la ville sont majeurs (à telle enseigne que le maire de la ville, Eduardo Paes, a demandé aux habitants de ceux-ci de rester hors de leur maison en attendant que la pluie cesse !). La terre a déjà malheureusement "glissé", et le nombre de morts dépasse déjà les 50 (56 "enregistrés" à 12h ce mardi), sans compter les disparus et ceux que l'on n'a pas encore comptabilisés...


Plus de photos de Rio sous les eaux ici :
http://oglobo.globo.com/rio/fotogaleria/2010/11369/

Une vidéo faite ce matin sur un glissement de terrain dans la rue principale du quartier de Santa Teresa :
http://oglobo.globo.com/rio/video/2010/17316/default.asp

Une dernière vidéo, impressionnante, sur les principaux dégâts causés par les pluies diluviennes :


Bref, ce n'est pas un mardi comme les autres, et j'aurais pourtant aimé qu'il en soit ainsi...La famille Dumas va rester tranquillement à la maison, en attendant que le déluge veuille bien cesser !

En "bonus", je dis deux mots sur la "situation" sur RFI, ici :
http://www.rfi.fr/contenu/20100406-pluies-torrentielles-bresil-font-nombreuses-victimes
Je ne suis pas cité, mais c'est bien moi ;)

21 mars 2010

Espaço Cultural da Marinha, avec les garçons !

Petit instant de divertissement et de plan pratique dans un blog qui a quelquefois trop tendance à se prendre au sérieux (politique, économie, pfffiou), pour tous ceux (et toutes celles) qui ont des garçons turbulents (comment ça il n'y a que moi qui ai ça ?? ;) et qui cherchent un plan de 2-3 heures pour un après-midi nuageux, je recommande fortement un petit tour dans le Centro de Rio, le long du Perimétral, juste avant de parvenir à la Praça XV : arrêtez-vous à l'Espaço Cultural da Marinha (l'Espace Culturel de la Marine, donc), vous y ferez la joie de vos bambins (et la vôtre accessoirement !).

Au programme :
- La visite de l'antique -mais néanmoins fort intéressant- Riachuelo (photos ci-dessous), soit un sous-marin militaire de  la Marine Nationale Brésilienne, construit et inauguré dans les 70's, puis mis au placard en 1997. La petite balade à l'intérieur du sous-marin est fort instructive, avec des mannequins de cire à la place des différents membres d'équipage, du matériel et des branchements un peu partout, et c'est là qu'on se dit que marin à bord du Riachuelo, ça ne devait pas être une partie de plaisir !

- La découverte (c'est fort à-propos !) du "Navire des Découvertes" ("Nau dos Descubrimentos") : il s'agit d'une réplique en grandeur réelle d'une caravelle portugais du XVIème siècle ! La visite du navire nous transporte au temps des conquistadores portugais Vasco de Gama, Mem de Sa ou Magellan, la mise en scène de la vie et des quartiers du bateau étant plutôt réussie. Sans compter le jeu de canons présent sur le pont principal du navire, qui évidemment entraîne les garçons dans une reconstitution "live" de "Pirates des Caraïbes !"

- Toujours dans l'espace extérieur, nous découvrons également quelques éléments appartenant à l'Armée de l'Air brésilienne : un hélicoptère de combat (au sol, bien évidemment) et quelques canons anti-aériens, dont on se demande quand et où ils ont pu bien servir (la réponse étant probablement, et c'est heureux, jamais !).
Ci-dessous Dimitri en train de scruter avec vigilance le ciel de Rio (limpide ce jour-là) en cas d'invasion argentine ou colombienne ! :)

- Et nous terminons la visite de l'Espace Culturel par le beau bâtiment d'exposition situé en face de l'Ilha Fiscal. A l'entrée nous accueille une superbe goélette, dont on apprend qu'elle a été construite en 1808, et qu'elle servait au XIXème siècle au transport maritime des premiers gouverneurs de l'Etat de Rio. Puis nous entrons dans la salle d'exposition temporaire, qui abritait lors de notre visite la belle expo "Le Brésil, la France et la mer", soit 4 siècles d'échanges maritimes entre notre pays hôte et notre terre natale. Amateurs d'histoire de la marine, dépêchez-vous de vous y rendre, l'exposition doit se terminer à la fin mars !

Une chouette après-midi sous le soleil carioca, en tout cas !

02 novembre 2009

Week-end prolongé à Ilha Grande, que beleza !

Profitant de la venue de ma charmante belle-soeur et de ses deux amours d'enfants (Kimo et Zoé), nous voici partis pour un grand week-end (du jeudi 29 octobre au lundi 2 novembre) à la découverte d'Ilha Grande. Comme son nom l'indique, et quitte à lapalisser, il s'agit...d'une grande et magnifique île de près de 200 km², situé sur la Costa Verde, en face d'Angra dos Reis, à 150 kilomètres au sud de Rio. Pour s'y rendre, le meilleur plan est sans conteste de prendre un saveiro (l'un de ces beaux bateaux rétro qui font la traversée continent-île) depuis le petit port de Conceição do Jacarei, qui vous amène en 50 mn vers le village d'Abraão, "capitale" de l'île, et seul endroit un peu "civilisé" (entendre où l'on trouve force pousadas et restaurants !).
Pour notre part, nous avons réservé pour les 4 nuits chez Asalem, une délicieuse pousada située à 5 mn de bateau (et 20 mn à pied par une jolie et un poil sportive trilha -chemin), nichée au coeur de la forêt tropicale qui occupe près de 95% de la surface de l'île. Ilha Grande est en effet un site naturel protégé, où les voitures n'ont pas droit de cité, et où les structures hôtelières sont limitées en nombre et en taille.


La vue depuis la pousada est superbe (cf photo ci-contre), et prendre son petit-déjeuner (de très bonne facture) en face de la baie d'Abraão se révèle être un enchantement. Bien sûr la pousada est un poil escarpée et l'inquiétude est vive concernant une éventuelle chute "romanesque" (je parle de mon fils, le roi de la cascade et de l'ouverture de front!), mais le jeu finalement en vaut la chandelle, et le week-end se passera sans heurts (ouf)!


Dès vendredi matin, nous partons à la découverte de  ce qui est l'un summums de l'île, la merveilleuse plage de Lopes Mendes, réputée pour être l'une des 5 plus belles du Brésil, ce qui n'est pas peu dire. Petite virée en saveiro pour s'y rendre, puis 30 mn de trilha à travers la forêt, pour aboutir à une baie 2 kilomètres de long,  sauvage et préservée, au sable blanc, fin et délicieusement crissant, aux eaux limpides et aux vagues accueillantes. Nous y passons un après-midi de rêve, entre jeux de construction en sable pour les enfants, tentatives (quelque peu avortées) de surf pour Nathalie, et baignades tranquilles dans ces eaux enchanteresses pour moi. Quelques photos ci-dessous pour vous faire partager ces moments..



Samedi, on enchaîne les festivités "plagesques" avec une petite virée sur la délicieuse Praia Preta, qui tire son nom du sable...noir qui saupoudre la plage. Située à droite de la baie d'Abraão, on y accède tranquillement en 15 mns de balade après le village, et on y découvre une jolie rivière qui s'y jette (propice à de nombreux jeux d'eaux, les enfants ont adoré). Puis la balade se continue à travers la forêt, à la découverte d'un ancien aqueduc qui acheminait l'eau vers...un centre de quarantaine pour immigrés (un petit Ellis Island brésilien donc), aux allures de mini-bagne, où les candidats à la citoyenneté brésilienne devaient séjourner au début du XXème siècle avant d'éventuellement avoir le droit d'entrer dans la patrie tant désirée. Et l'on achève l'après-midi par une jolie baignade dans les eaux douces d'une mini-cascade, située sur les hauteurs de Praia Preta. Deux photos là-aussi pour illustrer mon propos !


Dimanche, encore une belle journée en perspective (le soleil ne nous ayant pas quitté durant les 4 jours, ce qui semble être une performance dans une région aussi humide que la Costa Verde !), puisque nous louons (avec nos amis Alexis et Fabrice) un petit bateau pour nous rendre au nord-est de l'île, dans un premier temps au sein de la baie dite du Saco do Ceu (le "sac du ciel"), où nous barbotons au milieu de quelques yachts de milliardaires cariocas et/ou (plus vraisemblablement) paulistas, puis nous poursuivons notre (longue...) traversée jusqu'à ce qui devait être le clou de la journée, mais qui se révèle être plutôt un piège à touristes (dont nous), en l'occurence le Lagoa Azul. Les eaux limpides et la richesse de la faune et de la flore sous-marine qui nous avaient été "vendus" sont envahis par une impressionnante foule de yachts et de saveiros, qui déversent leurs hordes de baigneurs et de plongeurs dans la baie ! Plan un poil loose donc, même si on imagine que le lieu doit être sympathique un jour de milieu de semaine, mais certes pas un dimanche après-midi de très beau temps, qui plus est lors d'un week-end de feriado !  Tiens, j'en profite plutôt pour poster une petite photo d'un de ces fameux saveiros !

On se rattrape néanmoins le soir même, en dînant tous ensemble chez Lua e Mar, certainement l'un des meilleurs restaurants de l'île, situé sur la plage d'Abraão, qui sert en particulier une délicieuse moqueca de crevettes !

Lundi, petite matinée tranquille à la plage attenante à la pousada, petites balades en canoé pour le plus grand plaisir des enfants, et retour à Rio via Conceição, non sans subir quelques bouchons sur la route Angra-Rio (dont les travaux semblent structurels !). Un bien beau week-end, une Ilha Grande fidèle à sa réputation, un rendez-vous incontournable pour tous les visiteurs de Rio amateurs de plages, farniente et forêt tropicale !

28 octobre 2009

Paraiso do Tuiuti, école de samba authentique !

Notre délicieuse guide carioca et amie Julie (huit ans de présence à Rio, ça vous forge un savoir-faire en la matière) nous a fait le plaisir de nous emmener dimanche soir dernier à la découverte de l'école de Samba Paraiso do Tuiuti, une galera authentique et sympathique ! Celle-ci existe maintenant depuis plus de 50 ans (elle a été créée en 1952), est sise tout près de la grande feira nordestina de São Cristovão, et arbore un éclatant mariage de jaune et bleue (oui les couleurs de Boca Juniors, encore une bonne raison pour aimer Tuiuti) en guise de blason (vous admirez ci-contre l'adesivo du blason en question).

Nous avons ainsi eu le bonheur d'assister à la répétition de l'école, en vue bien entendu des festivités du Carnaval 2010, avec forces tamborimes et pas de samba. Mais quelques photos et vidéos seront bien plus explicites que mon discours vaseux !



La scène resplendissante de l'école, et le duo magique guitariste & chanteur (voix assurée, timbre puissant, coupe de cheveux de footballeur carioca, la totale quoi ! :)....


...la galera francesa qui démontre avec brio son talent sambaesque !....












...mais nous n'aurons rien pu faire sans la gentillesse et la joie de danser communicative de nos professeurs de Samba d'un soir...dont malheureusement je ne connais pas les prénoms...









...puis le duo magique mestre-sala (monsieur en costume bleu et chaussures éclatantes) et porta-bandeira (madame en blanc immaculé...qui porte fièrement les couleurs de l'école)...













Et quoi de mieux qu'un peu de son pour vous mettre dans l'ambiance comme-si-vous-y-étiez ?
Petite session de tamborimes (très) sonores, où nous démontrons (je mets aussi  François et Nathalie, que vous découvrez dans la vidéo, dans le même bateau) qu'il va falloir sérieusement nous entraîner si nous voulons un jour prétendre au titre de titulaire dans la banda des tamborimes !


L'ambiance monte, la température se réchauffe, haut les corações ! Tout le monde part sur la piste pour entamer quelques pas de quelque chose qui ressemble de très loin à la samba (sauf Julie et Emma, danseuses émérites, qui démontrent qu'elles n'ont rien à envier à Viviane Araujo -la superbe Rainha de la célèbre école Salgueiro- en matière de "bougeage sambaesque" !



Bref, un vrai grand moment de vie authentique (bon oui je l'ai beaucoup utilisé cet adjectif dans ce post...) à la découverte d'un des aspects les plus emblématiques de la vie brésilienne et carioca, le triptyque musique-samba-carnaval ! Mille mercis et gros beijos à Julie pour cette plongée in vivo !

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