08 février 2010

Carnaval de Rio 2010 : ensaio tecnico de Imperatriz !

Samedi soir dernier fut de nouveau un moment particulier : Nathalie et moi, ainsi que notre joyeuse troupe d'amis franco-brésiliens (bon franco, c'est vrai en grosse majorité, je dois le concéder... ;), avons arpenté avec un bonheur non dissimulé la mythique avenue Marquês de Sapucai, plus communément dénommée le Sambodromo do Rio ! Nous avons enfilé pour l'occasion notre camiseta amarelha seyante et sexy (à admirer sur les photos ci-dessous) de notre ala Comunicação, et brillamment défilé au son de "Brasil de todos os deuses", l'enredo 2010 (la chanson, superbe au demeurant) concocté par notre divine école, Imperatriz (vous pouvez le découvrir ici) ! Il s'agissait pour l'occasion de notre deuxième et dernier ensaio tecnico (en gros, la répétition du show) avant le défilé en grandeur nature, dimanche 14 février prochain à 22 heures, en compagnie de nos écoles rivales et néanmoins amies.

Notre petit groupe de franco-cariocas a démontré toute son application et son talent en dansant au son de l'enredo jusqu'à ce que nous brûlent les cuisses, et en chantant à tue-tête l'hymne d'Imperatriz ("A Imperatriz e um mar do fieis, no altar do samba, em oração, é o Brasil de todos os Deuses..." !!), à en faire pâlir d'envie et d'admiration les cariocas nativos ! Quoi, j'exagère un petit peu ? ;) Mais noooooooooon ! A découvrir ci-dessous quelques photos de l'évènement, et une petite vidéo à l'arrivée de l'ensaio (au bout de 58 mn et des brouettes de défilé), où nous démontrons encore une calor et une énergie en phase avec la température ambiante !!


Et pour conclure, je citerai le O Globo du jour (le grand journal national brésilien) : "L'avant-dernière nuit des ensaios tecnicos des écoles de samba a drainé plus de 35.000 personnes à Sapucai dans la soirée de samedi. Dévaluée par l'absence de son interprète officiel, Neguinho, l'école Beija-Flor a failli sur le plan de l'harmonie et a effectué un entraînement qui a été considéré comme faible.(...) Alors que Imperatriz, avec sa 'mer de fidèles', comme disent les paroles de la chanson, a effectué un vrai show dans le Sambodrome ! Avec la toujours élégante reine Luiza Brunet, l'école fut ovationnée."

Alors ? C'est pas la classe ça ? :) Vamos Imperatriz até a vitoria num domingo que vai ser inesquecivel !     

07 février 2010

Pipa et Fernando de Noronha : vacances de rêve sur les plages du Nordeste

Une fois n'est pas coutume, la dernière semaine de janvier a été placée sous le signe de la plage, du soleil, du farniente et de quelques mini-randonnées ! Toute la famille Dumas est en effet partie pour le Nordeste brésilien, et plus précisément la région de Natal. En effet, le Rio Grande do Norte, dont Natal est la capitale, dispose de côtes de rêve ("abençoadas por Deus" -"bénies par Dieu"-, aurait dit le grand Jorge Ben) où les plages de sable fin succèdent aux vastes falaises de sol rouge et aux étendues sablonneuses quasi "saharaesques" !

L'un de ces coins magiques se situe entre les villages de Tibau do Sul et Praia da Pipa, à 70 km au sud de Natal. C'est ici que nous avons passé quatre belles journées, à la découverte de la réserve écologique de Pipa (cf photo), en mode allongé sur la très belle plage do Madeiro (cf photo), à l'aventure jusqu'à la magnifique baie aux eaux cristallines de Cunhau do Sul (cf photo) ou encore en buggy tout-terrain, dévalant les "oueds" au nord de Tibau do Sul (cf le petit film très "agité" !). Le tout hébergés que nous fûmes dans des conditions idéales au sein de la superbe et hautement recommandable pousada Oka da Mata (cf photo), située tout près de la réserve écologique de Pipa, en pleine verdure et avec vue splendide sur la mer azur !

Et puisqu'il fallait bien que ces vacances continuent dans l'exception, nous avons quitté Pipa pour l'île mythique de Fernando de Noronha, qui se situe à 350 km à l'est des côtes du Brésil (peu ou prou en face de Natal), où dit-on l'on peut découvrir quelques unes des plus belles plages du pays...donc du monde. Et c'est vrai que les plages sont magnifiques, en particulier la baie de Sancho (à l'accès ardu, par un mini-escalier en fer lové à même la falaise), aux eaux transparentes, aux fonds riches en faune marine (au choix, une tortue, deux raies, des dauphins, des poissons de toutes les couleurs "comme dans Nemo" d'après les garçons) et à la plage de sable fin mais dense (oui je sais un vrai paradoxe ! :). Mais la baie de Sancho (cf photo) n'est pas le seul joyau de l'île, nous avons beaucoup aimé la grande plage de Conceição (cf photo), au pied du Morro do Pico, qui a en plus le grand mérite d'avoir un petit resto de poissons en son sein ; la plage de Cacimba do Padre et ses vagues impressionnantes (les surfers du Hangloose Pro Contest -cf photo- ont adoré !) ; la plage do Boldro, quasiment vide et pourtant superbe...Et puis Nathalie a pu faire un peu de plongée bouteille, et s'enfoncer dans l'effrayant "Ralo do Inferno" ("Trou de l'enfer") d'où elle nous a ramené la photo ci-dessous ! Bref, Fernando est un bijou, mais réservé aux amateurs de belles plages et de plongées, l'île en elle-même étant petite (la route principale fait 7 petits kilomètres) et ne présente pas d'autre intérêt que sa côte et ses fonds marins. Et puis il faut savoir délier les cordons de la bourse, puisque la moindre pousada coûte au moins 300 R$ la nuit en haute saison (365 R$ notre pousada Mabuya, simple et propre, mais...simple quoi), les prix pouvant monter jusqu'à...2.000 R$ (800 € !!) pour les plus chics de l'île...Mais c'est aussi le prix d'une forme de tranquillité, puisque bien que nous y soyons allés au coeur des vacances d'été brésiliennes, les plages étaient très clairsemées, ce qui contribue grandement au plaisir et à la sensation d'être dans un lieu...d'exception donc ! 
Au final neufs jours de pur bonheur, quel pays quand même le Brésil ! 

06 février 2010

Météo : record de chaleur à Rio : 40,9° !

La canicule s'est installée sur la capitale fluminense depuis une bonne semaine, et semble bien partie pour durer encore un bon bout de temps. Ciel azur, soleil de plomb, mer claire, vent quasi nul, tous les ingrédients sont réunis pour nous faire "bouillir " au sens propre du terme ! A telle enseigne que la journée du jeudi 4 février a vu le thermomètre franchir allègrement la barre des 40°C à l'ombre, atteignant même en milieu de journée les 40,9°C, avec une sensation thermique au soleil dépassant les...50 degrés ! Une vraie étuve, je vous dis ! On a d'ailleurs pour l'occasion établi de nouveaux records de température pour un mois de février (correspondant il est vrai à notre mois d'août européen), puisqu'il s'agit là de la journée la plus chaude depuis...7 ans !
La magie de Rio, c'est de pouvoir avoir la plage tout près (notre Ipanema chérie ci-dessous) pour se trempouiller et se rafraîchir...ce dont on ne s'est point privé avec les garçons !
Le week-end s'annonce chaud bouillant, ça va être bon ça !

04 février 2010

La matinale de Radio Campus part en voyage au Brésil !

L'excellente radio parisienne très "étudiants-centrée" Radio Campus a consacré une heure de son temps d'antenne, voici 8 jours, pour partir à la découverte du Brésil !
Excellente émission, excellents intervenants, excellent choix du blog de la semaine (le mien ! ;))

Ici l'écoute intégrale de l'émission :
http://www.radiocampusparis.org/?p=8038

N'oubliez pas de jeter un oeil sur le blog de l'émission Ca part en voyages, avec plein d'infos pratiques à connaitre avant de venir au Brésil :
http://capartenvoyage.canalblog.com/

Bravo les jeunes ! :)

Les brésiliens qui vont compter en 2010, selon Istoé

Istoé, l'excellent newsmagazine brésilien dont je vous ai déjà parlé ici, nous présente, dans son édition datée du 20 janvier 2010, les 100 personnalités les plus influentes pour l'année à venir, dont une belle brochette de brésiliens (ils sont exactement 53 à être "distingués" par le magazine). C'est sur celles-ci, tropisme brésilien de ce blog oblige, que je vais me concentrer, tant il est vrai que nous devrions entendre parler de bon nombre d'entre eux pour les prochains mois !
Ci-dessous la couverture de ce numéro spécial d'Istoé.
- Dans le domaine Politique, à tout seigneur tout honneur, le président de la République du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva est le premier nommé ! Après une année 2009 extraordinaire pour lui (records de popularité dans le pays, immense cote à l'étranger, "vainqueur" des JO de 2016...), l'année 2010 sera cruciale pour Lula, qui en plus de garder le Brésil sur le chemin de la croissance retrouvée, devra faire de la ministre de la Maison Civile, Dilma Roussef, son successeur à la tête de l'état brésilien, lors de l'élection présidentielle programmée en octobre prochain ! Dilma Roussef, qui fait bien entendu parti des nominés, et qui aura fort à faire pour se faire aimer des brésiliens, et d'ainsi pouvoir profiter à plein de la popularité de son père spirituel en politique qu'est Lula. Si elle y parvient, elle aura de grandes chances de devenir la première présidente femme du Brésil, et ainsi de pouvoir poursuivre l'oeuvre de modernisation du pays entamé par Lula (et par son prédécesseur à la tête de l'état, Fernando Henrique Cardoso - qui au titre de sa position de grand sage en retrait des batailles politiciennes nationales, est également membre de la liste des personnalités brésiliennes qui compteront en 2010). On trouve également dans cet aréopage des hommes politiques importants les challengers de Dilma Roussef dans la course présidentielle que sont José Serra, l'actuel gouverneur de l'état de São Paulo et candidat du PSDB, l'autre grand parti politique brésilien, mais également Marina Silva, l'ex-égérie du gouvernement Lula au poste de ministre de l'environnement, qui a claqué la porte du PT pour tenter sa chance aux présidentielles sous les couleurs du PV (Partido Verde, les..Verts donc). Deux autres personnalités politiques sont nominées, Aecio Neves, le gouverneur le plus populaire du pays, qui jouera le rôle d'arbitre au sein du PSDB, et Ciro Gomes (photo ci-contre), actuel député fédéral, ancien ministre, qui dispose d'une bonne cote de popularité et qui pourrait jouer les trouble-fêtes s'il décide de se présenter aux prochaines élections...

- Sur le terrain de l'Economie, les personnalités brésiliennes les plus influentes selon Istoé sont Roger Agnelli, le président de Vale, la première entreprise privée du Brésil spécialisée dans l'extraction minière ; l'increvable Abilio Diniz, le patron du premier distributeur brésilien, Pão de Açucar, qui détient également les enseignes Extra, Sendas, mais aussi depuis l'année dernière Ponto Frio et surtout Casas Bahia ; Eike Batista, le multi-entrepreneur mineiro qui est aujourd'hui la première fortune privé du Brésil (photo ci-contre à gauche) ; et enfin Henrique Meirelles, le président de la Banque Centrale du Brésil, qui a bien mené la barque durant la crise financière de 2009 et à qui l'on prête de grandes ambitions politiques pour 2010 (une place de ministre de l'économie dans le prochain gouvernement ?).

- Pour ce qui concerne la Culture et la Société, les personnalités-clés du Brésil pour Istoé sont avant tout des...actrices : Gloria Pires, qui joue la mère de...Lula au cinéma actuellement dans le très mielleux "Lula, o Filho do Brasil"; Juliana Paes, qui a illuminé la telenovela à succès de Globo "Caminho das Indias" en 2009; ou encore Alinne Moraes, qui de son côté interprète Luciana dans...la telenovela en cours, toujours de Globo, "Viver a vida". Toujours dans l'univers du cinéma est distingué le réalisateur Daniel Filho, qui a établi en 2009 le record d'entrées en salles de l'histoire récente du cinéma brésilien (6 millions de billets vendus), avec sa comédie "Se eu fosse você 2". Sont nommés Paulo Borges, le styliste le plus réputé du Brésil aujourd'hui et inventeur des São Paulo et Rio Fashion Week, les deux principaux évènements "mode" du pays, mais également l'incontournable top-model Gisele Bündchen (allez une petite photo d'elle ci-contre à droite pour se faire plaisir ;). On trouve également dans la liste le philosophe, ex-député et grand défenseur des thèses environnementales Marcio Santili, distingué à ce titre par Time en 2009. Et je termine avec Alex Atala, considéré comme le meilleur chef-cuisinier brésilien actuellement. Ses deux restaurants le DOM et le Dalva e Dito, à São Paulo, ne désemplissent en tout cas jamais...

- Enfin, pour ce qui concerne le Sport, gloire tout d'abord au président du Comité International Olympique brésilien Carlos Nuzman, qui a brillamment oeuvré pour que le continent sud-américain accueille les JO pour la première fois, à Rio, en 2016. Le football est évidemment à l'honneur dans la longue liste des personnalités brésiliennes qui comptent, avec Ricardo Teixeira, l'inamovible président (depuis 21 ans) de la Confédération Brésilienne de Football, avec les joueurs Kaka et Ronaldo, dont les présentations sont superflues (4 ballons d'or et 3 coupes du monde à eux deux), sans oublier le taciturne sélectionneur de l'équipe du Brésil Dunga (photo ci-dessous), qui sera adoré ou haï à l'issue de la Coupe du Monde de football, en juillet prochain...en fonction du résultat de la Seleção (seule la victoire sera belle !). Et enfin, parce qu'il n'y a pas que le foot dans la vie (quoique...), Istoé distingue justement Cesar Cielo, le recordman en titre des 50 et 100m nage libre, je parle bien entendu de natation...
Bravo à toutes ces grandes personnalités, qui font la richesse et la diversité du Brésil d'aujourd'hui...et de demain !

22 janvier 2010

Le Brésil 8ème économie mondiale en 2009 !

Le Brésil vient de publier ses chiffres d'évolution de son PIB annuel. Si le résultat annuel est finalement en décroissance, principalement en raison de l'impact de la crise mondiale sur les exportations du pays (-0,7% pour le PIB et une balance commerciale négative, pour la première fois depuis 2003),  le résultat en valeur absolue (1480 milliards de $ de PIB) fait passer le pays pour la première fois de son histoire en 8ème position des plus grandes économies mondiales. Il dépasse ainsi l'Espagne et la Russie, dont les économies sont en chute libre en 2009 (surtout les ruskov, c'est ça d'être devenu encore plus ultralibéral que le UK ou les US...).

Les prévisions pour 2009 devraient consolider la position du pays dans le cercle des plus grandes économies mondiales : celui-ci table sur un raisonnable +3,5%, et le Brésil devrait ainsi tranquillement dépasser l'Italie, voire la Grande-Bretagne d'ici à l'horizon 2012-2013...Le Brésil 6ème économie mondiale, c'est donc pour demain !

20 janvier 2010

Découvrez Goooooooooooool, le meilleur du foot brésilien !...



...Amis lecteurs, si vous aimez le Brésil, vous aimez forcément le futebol !

Je profite donc de mon dernier post (les recrutements des clubs brésiliens, très axés sur le vieux footeux sur le retour...) sur mon blog dernier-né, consacré à l'actu du sport-roi au Brésil, Goooooooooooool, pour faire un peu d'auto-promotion croisée !

Abonnez-vous également à Gooooooooooooool, ça me fera bien du plaisir !

18 janvier 2010

Présidentielles au Brésil : le PSDB à l'attaque !

Je suis tombé, dans Veja daté du 13 janvier dernier, sur une très instructive interview de Sergio Guerra (photo ci-contre), le président du principal parti d'opposition, le PSDB (Parti Social-Démocrate Brésilien). Celle-ci, dont vous pouvez apprécier quelques morceaux choisis ci-dessous, nous démontre que :
1- La campagne électorale qui s'ouvre pour la désignation du prochain président du pays sera sanglante, ou tout au moins très animée : les coups-bas, les attaques ad hominem et les petites phrases assassines devraient être légions !
2- La campagne se gagnera très certainement à gauche : dans un pays où les inégalités restent majeures (malgré les prémices de réduction de celles-ci par Lula durant ses 8 années de pouvoir), le PSDB, traditionnellement de centre-droit (c'est le parti de l'ex-président Fernando Henrique Cardoso) annonce qu'il est un parti "plus à gauche" que le PT de Lula !
3- Le PSDB ne s'embarrassera pas trop de sa propre histoire tourmentée, ni de celle de son candidat à cette prochaine élection, José Serra, mais se positionnera bien comme le parti "propre" face à un PT englué dans ses compromis douteux (l'alliance avec le triste parti-croupion issu de la dictature, le PMDB des sinistres José Sarney -président du Sénat- et Michel Temer -certainement le vice-président de la candidate du PT Dilma Roussef) ou dans divers scandales (dont le fameux Mensalão).

Quelques extraits de l'entrevue, donc :
Sergio Guerra : "Nous avons un excellent candidat (José Serra), qui n'est pas en tête des sondages par hasard. Serra est un homme politique intelligent, préparé, qui sait gouverner et qui l'a déjà montré (NB : Serra a été ministre de FHC, candidat malheureux contre Lula en 2002 et est actuellement gouverneur de l'état de São Paulo)...Dilma Roussef, de son côté, n'a jamais été candidate, n'a pas d'histoire avec le pays. Quel est son curriculum-vitae (NB : elle est quand même Ministre de la Mason Civile du gouvernement Lula !) ? Dilma est candidate parce que le président en a voulu ainsi."
Q: Comment Serra peut-il conquérir l'électorat du Nordeste, qui chérit le président Lula et qui a très largement bénéficié de programmes comme la Bolsa Familia ?
SG : "Personne n'aura les votes que Lula détient dans le Nordeste. Pas même Dilma. On parle beaucoup de transfert de votes, mais je ne crois pas qu'il y aura tant de transfert que ça en faveur de Dilma. Je l'ai vu à l'intérieur du Nordeste : le peuple n'aime pas la ministre. Mais beaucoup apprécient Serra.
Q : Si Serra gagne, il y aura de grands changements dans la politique économique ?
SG : "Sans aucun doute. Nous allons nous occuper des taux d'intérêts, des taux de change et de l'inflation. Nous ne sommes pas d'accord avec les taux d'intérêts pratiqués aujourd'hui, comme avec les taux de change. Nous sommes en train de créer des emplois en dehors du pays, les derniers résultats de la balance commerciale sont très négatifs. Nous devons créer des mécanismes qui créent de l'emploi au Brésil."
Q : On a l'impression que le PSDB est à la gauche du PT...
SG : "Mais oui, nous sommes plus à gauche ! Si nous gagnons, nous allons accélerer les investissements dans l'éducation et la santé. Nous maintiendrons la Bolsa Familia, qui est un mécanisme efficace d'erradication de la misère et de la faim. Le PT, qui était à gauche, ne l'est plus : c'est un parti populiste aujourd'hui...Dilma et le PT font une campagne électorale sans la moindre retenue. Nous assistons à un assaut de propagande ! C'est une stratégie bien articulée de publicité, dans laquelle les entreprises publiques souscrivent puissamment. Le film sur Lula (Lula, o filho do Brasil) actuellement à l'affiche a été financé ainsi. C'est inacceptable dans une démocratie."

Cela promet, je vous dis ! ;)
A suivre de près dans les prochaines semaines (j'attends une interview consistante, de campagne, de la part de Dilma Roussef et/ou de José Serra...).

16 janvier 2010

Carnaval de Rio 2010 : Imperatriz na frente !

Le mois de février approche à grands pas, et cette magnifique fête qu'est le Carnaval de Rio devient de plus en plus présente dans les esprits cariocas ! Celui-ci se déroulera cette année du vendredi 12 au mercredi 17 février,  et culminera bien entendu durant les nuits du dimanche 14 et lundi 15, avec le traditionnel défilé des écoles de Samba du Groupe Spécial (les 12 meilleures écoles de Rio, autant dire du Brésil ! ;)

Le défilé du dimanche soir est à noter d'une pierre blanche sur vos calendriers, amis lecteurs ! En effet, votre serviteur et sa tendre épouse (ainsi qu'un bon groupe de potes, frenchmen and women de Rio) vont avoir l'insigne honneur de fouler le fameux Sambodrome (cf photo ci-dessous), sous les couleurs de la mythique Imperatriz Leopoldinense, l'une des plus importantes et plus traditionnelles écoles de la ville ! En 50 ans d'histoire, Imperatriz, dont les couleurs sont le vert et blanc (tiens ça me rappelle un grand club de foot ça ;), a déjà été sacrée à 8 reprises championne du défilé du Carnaval de Rio, dont un mémorable triplé gagnant entre 1999 et 2001.


Nous avons d'ores et déjà choisi nos tenues de Carnaval, qui répondent au doux nom de fantasias, et nous aurons le grand plaisir de revêtir une tenue de Guarani (la peuplade indigène la plus nombreuse du Brésil pré-colonial). Je vous laisse admirer ci-dessous la merveille :


Le thème musical (appelé enredo) conçu cette année par Imperatriz est on ne peut plus universel et fraternel : c'est le "Brésil de tous les Dieux" : "Une terre bénie, le Brésil est né grâce à de vrais aventuriers, c'est une histoire de douleurs et de joies, portée par un peuple bigarré, créatif et croyant dans ce qui a le plus de valeur : le pouvoir des Dieux (sic). Des êtres suprêmes, illuminés, spirituels ou matériels, sacrés ou profanes...".
Bref, en musique cela donne ça, et c'est magnifique !! :


Nous défilerons en deuxième position dimanche soir, donc environ vers 22 heures, et ce devant 70.000 spectateurs en délire, puis nous irons assister à la suite et fin des défilés des autres écoles (dont deux des favorites, Salgueiro, vainqueur en 2009, et Beija-Flor, couronnée en 2008). Avant cela, les 23 janvier et 6 février, nous aurons effectué deux répétitions (appelées ici  ensaios tecnicos) in situ (ie au Sambodrome mesmo !) avec l'ensemble des quelques 2000 à 2500 personnes défilant en notre compagnie sous les couleurs d'Imperatriz ! Et nous comptons bien défiler une deuxième fois pour le Défilé des Champions, qui réunira le dimanche 21 les 6 meilleures écoles du plateau (celles-ci étant évaluées avec forces jurés, notes et tout le tintouin à la mode patinage artistique !).

Soyez rassurés, amis lecteurs, je ne manquerai bien entendu pas de vous tenir informés de ces grandes agapes carnavalesques !! :)

Pour tout savoir sur le Carnaval 2010, un seul site (en portugais, desculpe) : celui de la LIESA, l'association qui réunit les différentes écoles de Samba de Rio.

14 janvier 2010

Les favelas de Rio "pacifiées" pour de bon ?

Après des décennies de stratégie de pure répression de la criminalité dans les quelques 1000 (!) favelas que compte Rio de Janeiro, l'année 2009 et ce début d'année 2010 semble augurer d'un changement majeur dans la gestion de la sécurité publique.

Jusqu'alors, la conduite des autorités policières (Police Militaire et BOPE), dépendant de l'état de Rio, se résumait basiquement à : "c'est le bazar dans la favela, on monte avec force arsenal, on canarde les trafiquants (et pas que), on redescend...3 mois après, c'est de nouveau le bazar, on remonte, etc...". Bref, une stratégie basée uniquement sur l'emploi de la force et sur une confrontation incessante entre une Police Militaire corrompue et dépassée et la population des comunidades partagées entre le souhait de voir les favelas nettoyées des trafics éventuels et leur détestation de ces policiers violents.
Ci-dessous la favela de Pavão-Pavãozinho, au-dessus de Copacabana :


Au début de l'année 2009, un changement majeur est donc intervenu avec la création de nouvelles unités de police, qui répondent au doux acronyme d'UPP (soit "Unités de la Police Pacificatrice") : composées de jeunes policiers, formés aux techniques traditionnelles de maintien de l'ordre, mais également aux disciplines plus hétérodoxes comme la sociologie ou la psychologie, celles-ci ont comme objectif de maintenir durablement l'ordre au sein des favelas dans lesquelles elles s'installent, puisque, nouveauté majeure, les UPP résident au sein même des comunidades, à l'issue du "travail" préliminaire de "nettoyage" de la place de trafiquants en tout genre menés en amont par les commandos d'élite de la Police Militaire type BOPE.

C'est ainsi qu'aujourd'hui, une dizaine de favelas, théâtres historiques de trafics en tout genres et haut lieux de la criminalité carioca, disposent de leur propre UPP : la première à en être pourvue fut la petite favela du quartier de Botafogo, Dona Marta, au tout début de 2009 ; suivirent en février la fameuse Cidade de Deus, immortalisée en 2002 par le film de Fernando Mereilles, en février encore Jardim Batan, en juin Babilonia et Chapeu Mangueira, au-dessus de Leme, puis à la toute fin de 2009 les emblématiques Cantagalo et Pavão-Pavãozinho, situées sur les hauteurs d'Ipanema et Copacabana. La "pacification" de ces dernières par un bataillon de 250 jeunes policiers, qui n'a pas été sans heurts (les trafiquants ripostant à la fin novembre à la "montée" du BOPE en incendiant un bus sur l'avenue Nossa Senhora de Copacabana, grande avenue passante de Rio), a été très médiatisée, en raison de la situation de ces deux favelas, proches de hauts lieux touristiques, et a permis aux habitants de passer des fêtes de fin d'année plutôt tranquilles.
L'UPP de Cantagalo et Pavão-Pavãozinho :

Les médias célèbrent ainsi la "rédemption des favelas" et le "retour de l'Etat dans les morros de Rio", soulignant à juste titre le succès rencontré par les UPP dans la lutte contre la criminalité : ainsi, le nombre de vols de voitures a chuté de 44% à Dona Marta en un an, ou encore les nombre d'homicides s'est effondré de 82% dans la Cidade de Deus.

Si l'on ne peut que se réjouir de cette inflexion nette de sortie d'une stratégie purement belliqueuse de la part des autorités, certaines questions restent cependant en suspens :
- Comment étendre ce modèle, extrêmement couteux en "ressources" policières (les UPP comptent aujourd'hui plus de 1000 policiers pour 200.000 habitants "couverts", dans 10 comunidades de la ville), à l'ensemble des 1000 favelas de Rio, et aux 2,5 millions d'habitants qui les composent ?  
- Quelle sera la réaction des trafiquants les plus "durs" de la ville, qui dominent des favelas emblématiques comme l'énorme Rocinha (300.000 habitants) ou Vila Cruzeiro (30.000 personnes) ?
- Comment garantir un revenu alternatif aux (nombreux) habitants des favelas qui bénéficiaient de l'aide financière bienveillante des trafiquants, en échange de leur silence ou de leurs menus services ? C'est toute une économie parallèle qui disparaitrait et qui est/sera à remplacer, si l'on ne veut pas voir repartir la petite criminalité (vols, asaltos...) aux alentours des favelas "pacifiées"...

Bref, il ne suffira pas seulement d'"arranger" la riche Zona Sul de Rio afin qu'elle soit apprêtée de belle manière pour la Coupe du Monde de Football en 2014, ou bien entendu les Jeux Olympiques en 2016. La communication et quelques bataillons de police supplémentaires ne suffiront pas pour résoudre les endémiques problèmes de pauvreté, d'exclusion sociale et d'inégalités effarantes dont souffrent Rio et le Brésil (à propos de l'inégalité, voir le classement des pays du monde établis à partir du coefficient de Gini, les résultats sont accablants pour le Brésil : 117ème pays sur 124...). Il faudra au prochain président, au prochain gouverneur (élections prévues fin 2010) s'attaquer enfin à la réforme du système éducatif, à la révision drastique de l'imposition directe, bien trop légère, à la chasse à la corruption...Autant de sujets qui ne manqueront pas d'être au coeur de l'actualité du Brésil ces prochains mois !

07 janvier 2010

Jour de l'An 2010 sur Copacabana !

Comment mieux inaugurer 2010 et l'activité de ce blog en passe de devenir LA référence franco-carioca (ah bon j'exagère là ? ;) qu'en vous relatant la nuit de la virada, soit le passage de 2009 à 2010 ? Eh bien oui, nous l'avons vécue sur la plage de Copacabana, nous n'étions pas tout seuls, accompagnés que nous étions par au bas mot deux millions de corréligionnaires, dans une ambiance excessivement bon enfant (aucune agressivité, aucune sensation d'insécurité) et propice à l' "admirage" en version ao vivo (live) du feu d'artifice concocté par les français de la société Groupe F !

Avant cela, petit apéro de bon aloi sur la terrasse des Dumas, en compagnie de ma douce belle-soeur, à quelques encablures de la plage mythique, puis premier arrêt de rigueur chez l'ami Raphaël (qui lui même demeure à environ 25 mètres de l'Avenida Atlântica), pour entamer la soirée, tout de blanc vêtus (comme le veut la tradition copacabanesque), avec force caïpirinhas !



Et puis, bien entendu, à 23h45, petite descente de rigueur et en toute quiétude sur le sable fin (et moyennement propre, avouons-le ;) de Copa pour profiter des feux de la Saint-Sylvestre carioca, et ce aux premières loges !
Belle démonstration de puissance, tiens un petit film vous en dira plus que de longs discours :

Et une ou deux photos du show, pour agrémenter le tout (bon la deuxième photo est un peu floue, mais c'est pour vous montrer qu'on était bien dans la place !) :


Bref, un bien joli moment de fête et de confraternité, un jour de l'An mémorable sous 30°C et les tropiques, de quoi ma foi débuter l'année du bon pied, moral au beau fixe !

Bonne année 2010 à tous, amis lecteurs ! :))

28 décembre 2009

Top 15 des meilleurs singles de 2009 !

Petit aparté dans ma prose carioca, car ce n'est pas parce que l'on est exilé à Rio que l'on est réduit à écouter de la samba ou du forro en boucle ! Non, au contraire, on entretient sa passion pour les musiques du monde, et je m'en vais donc vous faire part de mon choix (forcément subjectif, c'est ça qui est bon ;) des 15 meilleurs morceaux musicaux de l'année 2009 sur la planète pop-rock etc...


En revanche, vous ne m'en voudrez pas, impossible de classer les 15 bijoux à venir, ou alors seulement par ordre alphabétique (nom des artistes)...


- "La Superbe", de Benjamin Biolay, sur l'album éponyme (j'adore ce mot, éculé il est vrai maintenant ! ;). Grosse rédemption pour Benjy, après 5 ans de partage en sucettes artistique et perso...
 


- "Pump my pumps" de Dan Black. L'ancien chanteur barré de The Servant lance un album solo d'où émerge cette bombe techno-pop ! 



- "Walking on a Dream", de Empire of The Sun. Le meilleur single dance-pop de l'année ! Mika est enterré ! 


- "L'emploi du Moi", de La Fiancée. Une sucrerie qui fond dans l'oreille, aux arrangements sublimes.  

- "Set in Stone", des Fires or Rome. Autant pour la chanson, bien couillue et super réussie, que pour le nom 
du groupe, un hommage à Néron qui ne manque pas de brillance !!

- "Heavy Cross", de Gossip. Sur  le deuxième album de Beth & Co, "Music for Men", opus de la confirmation et de la consécration.


- "Strictly Game", des Harlem Shakes. Les dignes héritiers des fantastiques Vampire Weekend (qui 
reviennent en 2010, joie !).


- "Too fake", de Hockey. Une grosse pêche électro-rock qui va bien ! Impossible de ne pas se bouger le 
popotin là-dessus ;)


- "The Reeling", de Passion Pit. Un condensé alternativo-pop de premier ordre ! L'album est énorme 
également, dans le top 3 des meilleurs de l'année !



- "Listzomania", de Phoenix. Nos frenchies du 78 ont conquis le monde avec ce single fabuleux, et l'album 
qui va bien avec, "Wolgang Amadeus Phoenix".



- "Open up your door", de Richard Hawley. On s'éloigne radicalement des dance-floors pour déguster une 
chanson habitée et divine, où mélancolie et harmonie ne semblent faire plus qu'un...Le meilleur moyen de 
décoller très haut vers les étoiles...



- "Bad Blood", de Simian Mobile Disco. Pas question non plus de quitter trop longtemps les-dits dance-floors ! Je n'ai pas trouvé mieux cette année en revisitation talentueuse de l'électro-dance qui nous fait tous nous 
remuer, avec un max de sensualité ici !



- "Last Dance", de The Raveonettes. Allez on est bien dans le bon vieux tube pop, mais avec des touches de modernité qui ancrent bien ce titre en 2009. Et hop le refrain tourne en boucle dans votre tête de manière...
entêtante !



- "Love Lost", de The Temper Trap. Encore un bijou électro-pop, avec des variations de rythme fabuleuses 
et un synthé à craquer ! J'adore ! Et l'album, "Conditions" est divin !



- "I can talk", de Two Door Cinema Club. Bon j'ai promis au départ que je ne ferai pas de classement au 
sein de ces petites perles de 2009...mais honnêtement ce single énormissime des prometteurs TDCC est 
perché tout en haut de ce qui s'est fait de mieux cette année !


Y'a pas du lourd, là ? ;))

Et allez parce que mine de rien on est quand même sur un blog dédié au Brésil, je m'en voudrais de ne pas 
vous faire écouter le meilleur du dernier album de CéU, Vagarosa :

Et dire que je l'ai ratée en concert...

19 décembre 2009

Aécio se retire de la course présidentielle, Cesar bat le record du monde !

Un petit message rapide pour vous actualiser mon post...d'hier, sur les brésiliens de l'année 2009, vus par Istoé, qui ont fait parler d'eux aujourd'hui :

- Aécio Neves vient d'annoncer qu'il n'est plus candidat à la candidature du PSDB pour l'élection présidentielle de 2010 ! Il laisse ainsi le champ libre à José Serra, le gouverneur de l'état de São Paulo, qui selon toute logique, sera le candidat du parti de centre-droit pour la prochaine présidentielle. Ce sera sa deuxième tentative, après son échec en 2002 face à Lula. Aécio reste néanmoins dans la partie, l'ensemble des commentateurs estimant que seul un ticket José-Aécio (président-vice-président) peut conduire le PSDB à la victoire...face à Dilma Roussef, candidate officieuse du PT de Lula et sur les rails de son côté depuis plus de 8 mois. A suivre très prochainement !

- Cesar Cielo, de son côté, vient de s'emparer ce matin du record du monde du 50m nage-libre, nageant en 20'91" lors des championnats du Brésil à São Paulo, et battant par là-même le record précédent de 20'94", jusqu'alors détenu par le français Frédérick Bousquet !
La course ici :



Le voici donc cumulard des deux records du monde du 50m et du 100m nage-libres, et il ne semblent pas prêts d'être battus, les fameuses combinaisons "volantes" ayant aidé à accomplir ces temps-canons étant interdites à compter de début 2010 ! Bravo à lui, néanmoins !

17 décembre 2009

Les brésiliens de l'année 2009, par Istoé

Istoé, le très bon newsmagazine brésilien, a publié dans son édition du 9 décembre 2009 son palmarès des brésiliens de l'année 2009, dans les catégories Politique, Economie, Sports et Culture, ainsi que le grand prix de brésilien de l'année, en quelque sorte "toutes catégories confondues" !


Commençons donc par ce grand prix, où Istoé distingue, une fois n'est pas coutume, le président Lula da Silva (photo ci-contre) en tant que "Brésilien de l'année 2009" ! Il faut dire que l'année qui se termine a vu Lula surfer sur une popularité sans précédent, tant à l'intérieur de ses frontières (près de 80% d'opinions favorables !) que sur la scène internationale, sur laquelle il s'est démené toute l'année durant ! De surcroît, il a joué un rôle que l'on dit décisif dans l'attribution des Jeux Olympiques 2016 à Rio de Janeiro, et il a le mérite et le bonheur de diriger un pays qui a extrêmement bien résisté à la crise financière mondiale, étant l'un des derniers à entrer en récession, et l'un des tout premiers à en sortir (même si les derniers chiffres de croissance ne sont pas non plus mirifiques...). En tout état de cause, il quittera son poste de président à la fin de l'année 2010, laissant un pays en bien meilleur état économique et social que lorsqu'il a débuté son premier mandat aux premiers jours de 2003...Bravo à lui donc, ce prix, s'il n'est pas marqué par le sceau de l'originalité, me semble tout à fait justifié...pour l'ensemble de son oeuvre.

Le prix de l'homme politique brésilien de l'année a été attribué au charismatique et énergique gouverneur de l'état du Minas Gerais Aécio Neves (photo ci-contre). J'ai déjà eu l'occasion de vous parler d'Aécio, ici et encore , il est certainement l'un des hommes politiques les plus talentueux du pays. Il dispose également d'une approbation de sa politique dans son fief de Belo Horizonte à faire rougir un dirigeant nord-coréen (90% d'opinions favorables !), il est, à 49 ans, le futur étalon du PSDB, le parti de centre-droit de l'ex-président Fernando Henrique Cardoso, et se pose encore aujourd'hui en alternative à l' "éléphant" José Serra pour la course à la présidentielle brésilienne de 2010. Là encore, un prix qui ne me semble souffrir aucune contestation !

Pour la personnalité brésilienne de l'année dans le domaine de l'économie, Istoé a choisi le ministre de l'Economie et des Finances Guido Mantega (photo ci-dessous à gauche). S'il a le mérite d'avoir plutôt bien conduit le pays sur le plan économique, dans la plus grave crise mondiale depuis 1929, et si son style naturel et tranquille tranche dans un paysage politique plutôt agité, il me semble que cumuler cette distinction avec celle de Lula met un peu trop l'éclairage sur les actions du gouvernement brésilien, aussi louables et bénéfiques soient-elles...De mon côté, j'aurais choisi sans conteste Abilio Diniz (photo ci-dessous à droite), le patron du 1er distributeur du pays, le groupe Pão de Açucar : il aura quand même réussi cette année le tour de force de racheter le numéro 1 de l'électroménager brésilien  Ponto Frio (le Darty brésilien donc), puis l'emblématique enseigne d'électronique et d'électroménager Casas Bahia, créant au final un groupe de distribution ultra-puissant, avec 137.000 salariés (1er employeur privé du Brésil), 1800 magasins et 45 milliards de reals (18 milliards d'euros) de chiffres d'affaires ! C'est lui véritablement le brésilien de l'année en matière économique !







 








Le sportif brésilien de l'année pour Istoé est pour le coup incontestable et incontournable : il s'agit de Cesar Cielo (photo ci-contre), double champion du monde du 50m et du 100m nage-libre ! Il aura ainsi confirmé avec éclat son titre olympique de Pékin sur la plus courte des deux distances, et il aura également conquis son titre sur la distance reine en battant et notre Alain Bernard national, et le record du monde du 100m, nageant les deux longueurs en 46'91" ! Incontestable, on vous dit !



Enfin, la distinction dans la catégorie Culture est allée au réalisateur de cinéma (mais aussi de télévision) Daniel Filho, qui a établi cette année, avec sa comédie loufoque "Se eu fosse você 2" ("Si j'étais toi 2", affiche ci-contre), le record d'entrées du cinéma brésilien, avec plus de 6 millions de spectateurs qui se sont pressés dans les salles sombres pour rigoler un franc bon coup ! On aurait également pu attribué le prix au romancier et chanteur Chico Buarque, qui avec son excellent dernier roman "Leite Derramado" ("Lait renversé") a trusté longtemps la première place des meilleures ventes de livres du pays. Mais le choix de Daniel Filho ne prête pas trop à discussion...


Ici, sur le site d'Istoé, quelques images de la soirée célébrant ces brésiliens de l'année 2009 !

11 décembre 2009

Tiradentes, perle du Minas Gerais

Après Buzios, Ilha Grande, Pétropolis et Térésopolis, destinations prisées des cariocas lors des feriados (week-ends prolongés), nous voilà partis pour quatre jours vers Tiradentes, l'une des villes baroques, coloniales et historiques parmi les plus riches et des mieux préservées de l'état du Minas Gerais, qui comme son nom l'indique (Mines Générales) fut le théâtre d'une fabuleuse ruée vers l'or (et vers les diamants) au cours des XVIIème et XVIIIème siècle !

La cité est modeste en taille et en population (6.000 habitants), mais, à l'instar de sa cousine du Pernambuco Olinda, elle a su conservé le charme des années d'antan, et c'est un vrai bonheur de déambuler dans ses rues étroites et pentues, où se succèdent les maisons colorées et les églises baroques richement décorées.

Ci-dessous Antony en balade dans le "centre-ville"  historique et la splendide cathédrale de Saint-Antoine (Matriz de Santo Antonio), aux sculptures sur bois raffinées et au magnifique orgue style rococo !
A ne pas manquer également lors de la visite, la très belle fontaine de Saint-Joseph (Chafariz de São José), construite au milieu du XVIIIème siècle et qui apportait l'eau depuis la serra voisine, jusque dans le centre du village, ainsi que le petit voyage obligé jusqu'à la ville voisine de São João del Rei par le train Maria Fumaça : 40 mn de balade sympa le long de la serra, les enfants ont adoré !


Je ne peux également que chaudement recommander la pousada où nous avons logé : il s'agit de la Pousada Bartolomeu, sise quelque peu en dehors et en surplomb du centre-ville historique (ce qui peut être il faut l'avouer un léger handicap pour ceux qui n'ont pas de voiture), mais qui en contrepartie dispose d'un grand jardin et d'une jolie piscine, et surtout d'une vue magnifique sur le village et la serra ! Chambres également très bien tenues et décorées avec goût, et accueil parfait !

Tiradentes est de plus un endroit tout indiqué pour faire du shopping de meubles et de produits de décoration. Nous sommes d'ailleurs revenus la voiture chargée (un tableau fait à base de lianes, un miroir, de magnifiques bougies acquises dans l'étonnante échoppe ci-contre, un très beau banc...). N'oubliez pas votre carte bleue, surtout si vous avez la chance d'être résident brésilien : Tiradentes est un passage obligé pour bien vous installer !

01 décembre 2009

Election présidentielle brésilienne : Aecio ou José ?

La course à la succession du président Lula (dont la popularité continue d'être étincelante, 79% d'opinions favorables dans un dernier sondage, et ce après bientôt huit ans de pouvoir, c'est assez impressionnant...) est en train de s'accélérer, en particulier en ce qui concerne la désignation du candidat du principal parti de centre-droit, le PSDB (le Parti Social-Démocrate Brésilien), considéré comme la 2ème force politique du pays après le PT (Parti des Travailleurs) de Lula.

En effet, si du côté du PT, il ne fait plus guère de doute que Dilma Roussef, la "Ministre en Chef de la Maison Civile" au gouvernement de Lula (plus ou moins l'équivalent de notre Premier Ministre), sera l'élue pour concourir à la présidence du Brésil (elle est la protégée de Lula qui voit en elle sa plus brillante ministre, à défaut néanmoins d'être la plus populaire ou la plus empathique), la lutte est nettement plus farouche du côté du PSDB...


Ainsi, l'expérimenté José Serra (photo ci-contre à droite), actuel gouverneur de l'état le plus riche du Brésil, celui de São Paulo, ancien maire de la capitale économique du pays, ancien candidat malheureux face à Lula en 2002, ancien ministre du gouvernement de Fernando Henrique Cardoso (FHC pour les intimes), entre 1995 et 2001 imaginait avoir la légitimité et la voie libre pour faire office de candidat naturel de son parti. C'était sans compter sur l'ambition d'Aecio Neves (photo ci-contre à gauche), le dynamique gouverneur de l'état du Minas Gerais (dont la capitale est Belo Horizonte), qui tente de faire valoir sa déjà grande expérience politique (il est gouverneur de l'état mineiro depuis 2002), conjuguée à une popularité et un charisme qui semblent supérieurs à ceux de José Serra. Au surplus, Aecio dispose pour lui du privilège de la jeunesse (il a 49 ans) et de la nouveauté (il ne s'est jamais présenté à la présidentielle brésilienne), face à un José Serra vieillissant (il est de 1942, soit déjà 67 ans...plus vieux que Lula lui-même, qui vient de fêter son 64ème anniversaire) et qui incarne la vieille garde du parti, celle de l'époque FHC, dont les brésiliens ne veulent plus - une large majorité de ceux-ci ayant déclaré dans une récente enquête qu'elle ne voterait pas pour un candidat soutenu par l'encombrant ancien président...Derrière cette compétition fratricide se cache également un enjeu à plus long terme, en l'occurence l'élection présidentielle de...2014, à laquelle de nombreux observateurs pensent que...Lula sera candidat. Et le vieux lion José, qui rugit néanmoins encore (il est en tête des intentions de vote actuellement), semble moins bien placé qu'Aecio pour s'inscrire dans la durée et faire échec au retour du héros "pétiste" dans 4 ans et demi...

Résultats de la course a priori avant fin janvier 2010, moment où le PSDB devra faire son choix, en espérant pouvoir réunir l'attelage qu'il escompte gagnant Serra-Neves. Encore faudra t-il bien cicatriser les plaies de ce duel au couteau que se livre actuellement les deux rivaux...On sait en France ce qu'a coûté à la gauche socialiste l'étripement en place publique entre Royal, DSK et Fabius en 2007 !

Petit rappel : l'élection présidentielle se déroulera en octobre 2010, pour une prise de fonction du prochain président en janvier 2011.

26 novembre 2009

Propreté de Rio : les cariocas sont-ils des porcs ?

Deux grands débats ces jours-ci dans l'actualité carioca : les problèmes de fourniture d'électricité dans divers quartiers de la ville, provoquant de nombreuses coupures de courant (j'aurai certainement l'occasion d'y revenir dans un prochain post), et le manque de propreté de la ville, alimenté par un civisme des habitants supposé aléatoire en la matière...

Il faut avouer que la Cidade Maravilhosa -ville merveilleuse- ne mérite pas vraiment son appellation, quand, à l'issue d'une longue journée estivale où le soleil s'est fait ardent, vous vous promenez sur la plage (la pointe d'Arpoador et Ipanema en particulier) et que vous en êtes réduit à slalomer entre les tonnes d'immondices (noix de coco, canettes de bières ou de coca, bouteilles plastiques, journaux, pailles...) qui se sont accumulées...Ci-dessous une photo qui ne reflète que très partiellement la vision d'horreur et le sentiment de tristesse qui vous envahit quand vous arpentez le sable blond des plages de Rio...



Le problème, récurrent il est vrai, vient d'être sévèrement pointé du doigt par Eduardo Paes, le maire de Rio : celui-ci a ainsi déclaré qu'il allait mener un combat encore plus intense contre la "saleté publique", en proposant un indicateur de quantités de déchets jetés par les cariocas dans chaque quartier de Rio. Celui-ci répondra au doux nom de "Lixometro" ("poubellemètre"), et a également pour objectif de mettre les habitants face à leur responsabilité de "pollueurs de rue" : ainsi, chaque week-end en haute saison, près de 300 tonnes (!) de déchets sont collectés par les services publics (l'efficace Comlurb) sur les 56 kilomètres de plage de Rio. Tant et si bien que le maire, décidément en verve, a déclaré qu'il fallait que "les habitants soient un peu moins des porcs et arrêtent de jeter des choses sur les plages et dans les rues de Rio" ! (Presque) plus fort  encore, Paes vient d'annoncer qu'il allait ordonner à la Comlurb de ne pas nettoyer les plages un dimanche de grand beau temps, à une date surprise, afin que les gens se rendent compte du degré de saleté atteint ! Et le maire de promettre de reproduire le test dans l'avenue Rio Branco (l'une des plus grandes avenues du centre-ville, nettoyée...5 fois par jour).

Ses prises de position, délibérement polémiques, ont eu le mérite de rouvrir le débat sur le sujet, et force est de constater que les cariocas reconnaissent qu'ils sont -collectivement- loin d'être parfaits en la matière : selon une étude récente, 83% d'entre eux estiment que les habitants "pourraient contribuer à la propreté des plages, en évitant de les salir"...ce qui semble un truisme, mais la conscience de ce fait pourrait être un premier pas vers plus de civisme ! A condition toutefois que cette critique ne s'applique pas qu'aux autres (sur le thème "je déplore la saleté, mais c'est mon voisin qui pollue"), mais aussi que les autorités (tiens, monsieur le maire) mettent à disposition, sur la plage, dans les rues, un nombre beaucoup plus important de poubelles, aux messages explicites (par exemple, pour reprendre le vocabulaire du maire "si vous ne jetez pas votre noix de coco ici, vous êtes un porc"). Et commencent également à faire appliquer la loi, qui n'autorise pas de jeter des déchets sur la voie publique, ni par ailleurs à laisser les chiens se promener sur les plages de la ville -autre sujet polémique ! Allez amis des postos, venez verbaliser ou faire des remontrances, ce sera un bon début ! En attendant, je vais éviter la plage le jour du blitz promis par le maire...

24 novembre 2009

Les hauts et les bas des indicateurs socio-économiques de Rio

Excellent papier ce lundi dans O Globo, avec le compte-rendu d'une étude inédite produite à partir des données de la PNAD (l'équivalent de notre CREDOC), et qui met en perspective les indicateurs socio-économiques clés de l'Etat de Rio (le 3ème plus peuplé du pays) face aux chiffres-clés du pays.

Les résultats sont pour le moins contrastés en fonction des indicateurs, Rio brillant en matière de revenus et de niveau d'éducation, par exemple, mais étant à la traîne sur les sujets de la violence urbaine et de l'assainissement des eaux.

Ainsi, Rio est seulement le 18ème état du pays -sur 27- en matière de fournitures d'eau à domicile ("seulement" 89% des domiciles sont équipés d'arrivées d'eau), et est également loin en matière de collecte des déchets (au 15ème rang seulement, avec 90% des foyers faisant l'objet d'une collecte). Autre point noir, la mortalité, où Rio se situe au 25ème rang du pays, avec 7,35 décès pour 100.000 habitants, où le double effet violence urbaine et conditions sanitaires insuffisantes joue à plein...en négatif. Plus surprenant en revanche, Rio détient la couronne nationale du...plus faible taux de natalité du pays, avec seulement 1,54 enfants par femme, très en-deçà de la moyenne nationale (1,89 enfants en 2008 - moins que le taux de natalité français, à 2,02 enfants !), elle-même aujourd'hui insuffisante pour assurer le renouvellement des générations...

Il existe néanmoins des domaines ou Rio sur-performe vs le pays, et c'est heureux ! En matière d'éducation, Rio obtient ainsi la 2ème place pour ce qui est du pourcentage de population adulte avec plus de 11 ans d'études : cela concerne 44% des plus de 25 ans, contre 35% en moyenne pour l'ensemble du Brésil. Belle performance également pour ce qui concerne la richesse (ou la non-pauvreté, devrait-on plutôt dire), puisque Rio est le 5ème état le "moins pauvre", avec "seulement" 14% de ses foyers qui vivent avec moins de la moitié du salaire minimum (490 R$ par mois), contre une moyenne nationale s'établissant à 23%. Pas de quoi non plus festoyer démesurément...

Ci-dessous le tableau plus détaillé des indicateurs-clés tel que présenté dans le journal (merci O Globo ;)


Pour plus d'informations, vous trouverez ici l'étude complète (la fameuse PNAD), produite par l'IBGE, l'INSEE brésilien) - en portugais bien sûr ! :)

17 novembre 2009

Encore un record en octobre pour l'économie brésilienne !

Etonnante économie brésilienne ! Un mois après avoir annoncé le plus faible taux de chômage officiel depuis 2002, voici que l'on apprend aujourd'hui que le pays vient de vivre le meilleur mois de son histoire en matière de créations d'emploi ! Ainsi, poussé par le secteur industriel, le marché "formel" de l'emploi a enregistré en octobre 2009 un solde positif (soit la différence entre les nouveaux contrats et les licenciements) de plus de 230.000 postes, soit plus de 3 fois le solde du résultat d'octobre 2008. Autant dire que l'économie brésilienne est repartie pied au plancher, et ce dès le 2ème trimestre de cette année, laissant de côté les cassandres promettant des jours difficiles à ce futur géant (si ce n'est à ce géant -déjà- d'aujourd'hui). L'industrie donc, porte le marché de l'emploi, avec près de 75.000 emplois nets créés, suivis des services (70.000 postes), puis le commerce-distribution (68.000 emplois). Définitivement impressionnant...

09 novembre 2009

Rio crack, Rio gay, travail des enfants au Brésil...

Sans autre lien que le calendrier, quelques informations pour le moins...contrastées dans la presse ces derniers jours :

- Le crack, terrible drogue aux effets dévastateurs, prend chaque jour une place plus importante dans le "paysage" de la dope carioca : il est en effet estimé qu'il s'agit maintenant de la drogue la plus consommée à Rio (près de 60% des drug-addicts seraient en 2009 des crackers), "détrônant" pour la première fois la reine cocaïne. Le crack est particulièrement présent chez les jeunes de moins de 21 ans, issus plutôt des milieux défavorisés. Et il est vrai qu'il n'est pas rare de croiser, étendus dans le rues, des gamins complètement défoncés, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, en train de "cuver" les effets du crack...Et ce fait divers, terrible, la semaine dernière : une jeune fille de 18 ans, étranglée sauvagement par un artiste de 26 ans, issu pour le coup d'un milieu huppé, ce dernier se trouvant sous l'effet conjugué de l'alcool et du crack...

- Plus...gai, si je puis me permettre ce faible jeu de mots, Rio vient d'être élue...meilleure destination gay du monde, se permettant de coiffer des métropoles du "premier monde" comme Barcelone, Londres, Montréal et Sydney ! Ce "titre" lui a été décernée par la chaîne gay Logo (filiale de MTV) et le site tripoutgaytravel.com, la référence en matière de destination "gay friendly" ! Et le site d'indiquer les hot spots gays de la cité, avec bien entendu la rue Farme de Amoedo (à Ipanema), le posto 8 sur Ipa (et ses beaux drapeaux colorés), les rues interlopes et noctambules de Lapa...S'il faut féliciter Rio pour cette élection (une de plus, quelle hype pour la ville !), celle-ci me semble très honnêtement un peu abusive, car on ne peut pas dire que le carioca type soit particulièrement ouvert  à l'acceptation de l'homosexualité...Beaucoup de préjugés encore, dans une société qui reste assez machiste, même si dans ce domaine comme dans de nombreux autres, l'évolution des moeurs se fait me semble t-il de manière accélérée ! Mais bon, amis gays, ne boudez-pas votre plaisir, Rio reste fantastique pour sortir, se baigner, faire la fête, aimer !!

- Toute autre chose, encore, une information en elle-même pleine de contrastes : une récente étude du très sérieux IPEA montre que le Brésil est en train de très sensiblement réduire un terrible fléau, le travail des enfants, et ce à un rythme deux fois plus rapide que la moyenne mondiale. Ainsi, le pourcentage des enfants de 5 à 14 ans qui travaillent est passé en 16 ans de 13% à 5% du total, soit plus de 3 millions d'enfants en moins qui sont exploités. Le revers de la médaille, c'est que même ainsi, il reste aujourd'hui encore plus de 1,7 millions d'enfants et d'adolescents qui travaillent...Mais l'étude est optimiste, et prévoit ainsi que dans les 2 ans, le travail des petits de 5 à 9 ans sera complètement erradiqué. Que souhaiter de mieux ?